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Sassem by Honey

 
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Kyo
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MessagePosté le: Dim 27 Fév - 12:32 (2011)    Sujet du message: Sassem by Honey Répondre en citant

Avec l'autorisation de l'auteur, je vais faire découvrir un super récit.

Ceci est une Uber Xena. L’histoire se passe à notre époque mais c’est un monde parallèle, avec des personnes, lieux, situation politiques et financières inventés, de même que les traditions, environnements et climats des lieux utilisés et les vêtements… Le titre en est : Sassem, cela se prononce ssassem.

Avertissement : Les personnages de Xena la Guerrière ©® et tous ceux associés à la série télévisée du même nom sont la propriété de MCA / Universal Pictures. Mais ceux qui suivent m’appartienne entièrement.

Sexe : C’est une histoire entre filles, alors si vous n’avez pas l’âge ou que cela vous rebute, eh bien pauvre de vous… vous devez passez votre chemin…

Pairing : Tia/Alexia

 
SASSEM

PARTIE I : La rencontre
 


Chapitre un :

A plat ventre cachée dans les buissons, elle guettait les soldats. Des gouttes de sueurs dégoulinaient le long de son visage. Elle les essuya d’un geste absent mais néanmoins lent car le silence était primordial. Pour son plus grand bonheur le soleil était en train de se coucher et les militaires commençaient à préparer leur camp pour la nuit.

Elle n’était pas du genre impatiente et était capable de rester sans émettre un son ou un mouvement plusieurs heures durant, mais ce n’était pas pour autant qu’elle n’appréciait pas lorsque le temps de l’action était venu. D’autant plus lorsqu’elle crevait de chaud comme en cet instant.

Elle vit deux d’entre eux s’installer pour leur tour de garde. Le premier choisit un rocher à l’opposé du campement, le second s’installa près d’elle.

« Shit ! » pensa-elle. Elle ne perdit pas plus de temps en pensée négative et repensa son plan. Elle fit le tour du campement des yeux. L’objectif à atteindre était au milieu du camp plutôt qu’à l’écart comme ça l’était habituellement. Ce simple fait montrait à qui appartenait les soldats qui étaient devant elle. Et c’était pourquoi elle était là. Faire échouer les plans de leur chef… C’était tout ce qui comptait pour elle. Sa seule raison d’être.

Elle réfléchit. Il allait bien finir par bouger. Pas s’endormir, non, les soldats des différentes armées de Sassem étaient bien trop discipliné pour ça, mais… il allait avoir besoin d’aller se soulager, vu tout ce qu’il était en train de boire. « Amusant… ils sont bien trop discipliné pour s’endormir, mais pas assez pour ne pas boire. Sassem tu ne leur à donc pas fait la leçon ? Ou bien tu négliges de les contrôler ? Quoi qu’il en soit ton arrogance va te perdre, comme toujours » se dit-elle.

Bien, il ne lui restait plus qu’à attendre. Une fois le soldat en vadrouille, elle allait devoir ramper le plus lentement possible, en utilisant les zones d’ombres projetés par les différents feux de camps. Elle devait choisir maintenant son itinéraire et le soldat qui aurait la malchance de se trouver sur celui-ci car avec le campement à traverser, même dans la pénombre et en rasant le sol, il était clair qu’elle allait faire une rencontre. Le tout était de choisir laquelle car elle ne devait pas en faire plus d’une si elle ne voulait pas se faire repérer.

Bon, eh bien finalement, elle n’avait pas besoin d’attendre que le soldat bouge vu l’itinéraire qu’elle s’était choisie. Elle connaissait bien les habitudes de ces hommes. Elles étaient les mêmes que celles de tout les soldats de Sassem à travers le monde. Et pour en avoir fait partie, elle les connaissaient intimement. Elle se mit à contracter chacun des muscles de son corps afin d’évacuer l’engourdissement qui l’avait prit. Puis elle commença lentement et silencieusement à ramper hors de son buisson et se diriger vers son nouveau point de départ.

Parvenue à celui-ci, elle se redressa légèrement pour mémoriser ce nouveau point de vue. Elle se regarda furtivement, évaluant ainsi la tenue de son camouflage puis s’aplatissant au maximum, elle entama sa lente et toujours silencieuse progression. Régulièrement elle effectuait des pauses pour vérifier qu’aucun soldat ne venait vers elle, puis elle tournait son regard vers l’homme qui serait son seul obstacle avant sa cible.
Il lui tournait le dos, assis sur une caisse en bois. Il ne se doutait pas que sa fin était proche.

Arrivée près de lui, elle se redressa. Doucement. Posément. Puis elle tendit les mains dans un mouvement fulgurant. Elle lui coinça la tête dans une étreinte mortelle et lui brisa la nuque avant même qu’il ne comprenne que quelqu’un était là. C’était fini. Il ne se relèverait plus jamais. Sans s’appesantir plus, elle cala son corps de tel façon qu’on le croit toujours en vie.

A partir de là, le temps était compté. Il fallait être rapide. Elle s’accroupit, fit un rapide tour du camp, et s’approcha de la cabane rudimentaire ou se trouvait son objectif. Elle poussa la porte graduellement car elle grinçait et même si le facteur temps était important, rien ne l’était plus que le silence dans ce genre de mission.

Lorsque l’ouverture fut assez grande, elle se faufila en se plaquant contre le mur. Elle laissa sa vue s’habituer à l’obscurité puis mit rapidement un doigt sur ses lèvres. Les 3 hommes et 2 femmes se trouvant dans la cabane la dévisageait incrédule. Lentement l’espoir remplaça la stupeur. Tous la regardaient dans l’expectative.

Elle s’approcha et leur murmura quelques ordres brefs. Ils acquiescèrent. Elle avisa le seau près du mur, le tira à elle, puis le renversa sur le sol en terre. Elle mélangea le tout et leur fit signe. Ils la regardèrent hésitant mais un geste impatient les fit plonger leurs mains dans la boue et s’en étaler sur chaque centimètre carré de peau visible. Elle leur murmura ensuite :

- Vous allez sortir en faisant les gestes les plus lents possibles. Une fois à l’extérieur vous vous allongerez à plat ventre et attendrez mon signal. Je vais créez une diversion. Vous ramperez alors l’un après l’autre en direction du bois. Parvenue là-bas vous vous enfoncerez plus loin en marchant courbez. Ne courez jamais. Faites tous cela avec lenteur. Il est essentiel d’être invisible. Ne vous préoccupez pas des soldats, je suis la pour ça. Une fois assez loin dans les bois. Redressez-vous puis continuer d’avancer tout droit en marchant. Vous trouverez plus loin des chevaux.

Un des hommes fit un geste vers elle. Elle secoua la tête.
- Ne vous occupez pas de moi.

L’homme abaissa son bras et hocha la tête avec gravité. Puis tout aussi tranquillement qu’elle, ils passèrent la porte sans la pousser plus et s’allongèrent au sol pendant qu’elle se plaquait contre le mur. Lorsqu’ils se confondirent tous avec la couleur du chemin, elle regarda rapidement autour d’elle et repéra son nouvel objectif.

Elle leur fit signe qu’elle y allait et ils la regardèrent partir en rampant. Elle se déplaçait avec un incroyable mélange de grâce et de puissance féline. Tout cela contenu dans un corps d’une incroyable perfection.

Le « chef» du petit groupe avait cru voir un ange entrer dans leur prison. Un ange déchu, certes, car entouré d’une aura sombre, mais un ange quand même. Ses longs cheveux noirs étaient serrés en une natte qui pendait dans son dos. Ses vêtements étaient aussi noirs que ses cheveux, et son visage et ses mains étaient recouvert d’un maquillage noir. Seul ses yeux, d’un bleu profond détonnait dans cet ensemble. Ces yeux d’où se dégageaient une énergie électrique et une force profonde. C’était eux qui lui avaient fait penser à un ange. Se reprenant l’homme se mit à guetter le signe attendu, se demandant ce que se serait.

Soudain une déflagration suivit d’un grand jet de flamme explosa dans la nuit, illuminant les soldats qui restèrent figé un moment. Les flammes prirent alors de l’ampleur et les prisonniers comprirent que les baraquements commençaient à prendre feu. « Ce devaient être le signe » se dit le « chef ». Il fit un geste au ras du sol, intimant à la première personne de se diriger vers les bois.

Lorsqu’elle fut à mi-chemin un second voulu la suivre, mais le « chef » le retint jusqu'à ce qu’elle soit parvenue derrière les arbres. Alors le second suivit.

« Le chef » regarda dans la direction qu’avait prit « l’ange » et vit qu’un deuxième feu avait commencer un peu plus loin obligeant les soldats à se disperser pour, un : éviter les flammes et deux : éteindre le feu. Il sourit. Elle était douée. Il avait envie de l’attendre mais il savait que cela mettrait le reste du groupe en danger et risquerait de faire échouer le plan de son « ange ». Il soupira doucement espérant un jour avoir l’occasion de la remercier et se mit lui-même en route.

De son côté, « l’ange » contemplait son œuvre avec un sourire sauvage. Elle avait toujours aimée le feu. Il dévorait tout sans distinction de race ou de religion. Animaux, végétaux, hommes, tous était égaux face à lui. « Et ces couleurs… » songea-elle, « un tableau du maître en la matière : mère nature. »

Je voulais mettre le chapitre en entier mais c'était trop long, alors voici la fin du chapitre I.

Elle observait fascinée, les couleurs allant de l’orange le plus profond au rouge et parfois au bleu, en passant par le jaune. Les soldats couraient dans tout les sens, paniqués. « Intéressant comme ce qu’il y avait probablement de plus beau et de plus parfait sur cette terre pouvait effrayé le plus dur des hommes ».

Quittant l’abri des fourrés, elle se redressa légèrement afin de se rendre compte ou en étaient les prisonniers. Elle vit que le dernier était près de la lisière de la forêt. Elle sourit alors de satisfaction avant de se recoucher au sol et de se rendre à son point de repli. Comme d’habitude la mission avait été accomplie sans anicroche. « Et presque pas de mort… ».


Quelques heures plus tard, « l’ange » était de retour « chez elle ». C’était un cabanon, perdu dans la jungle. Si isolé que même les guérilléros ne passaient à proximité. Et si par malheur cela arrivait, il était si bien intégrer à la végétation qu’il aurait fallu être un lynx pour le distinguer.

Il était situé en hauteur, dans les branches d’un arbre gigantesque. « L’ange » s’approcha de la table au milieu de la pièce pour y déposer les armes dont elle ne s’était pas servie. Ainsi, deux grenades, un cz-73 semi-automatique avec silencieux, un couteau de chasse, deux barres de munitions, deux dagues et sa ceinture multi-poche qui contenait le nécessaire pour créer des petits explosifs apparurent.

Elle se débarrassa ensuite de ses vêtements en se dirigeant vers une porte dissimulée dans le fond. Elle l’ouvrit, complètement nue, leva le visage, le présentant aux maigres rayons qui filtrait à travers le feuillage puis sauta dans le vide.

Elle effectua un plongeon parfait sans même rider la surface de l’eau et s’y enfonça profondément. Elle émergea quelques minutes plus tard, à l’autre bout de l’oasis, un poisson dans chaque main. Elle les jeta sur le bord, fit quelques longueurs et se laissa flotter, observant les oiseaux qui revenaient. Le soleil se reflétait sur leur plumage, nuançant leur couleur. Le temps passa et elle restait ainsi flottant dans l’eau tiède, contemplant la faune et la flore à proximité tout en revoyant les différentes étapes de son attaque.

Elle haïssait Sassem depuis des années et cela faisait longtemps qu’elle parcourait le monde en quête des projets qu’elle pourrait saboter. Oh bien sûr son objectif premier était son assassinat pur et simple, mais il ne fallait pas aller trop vite, sa vengeance devait le faire souffrir. Et contrecarrer ses desseins était assurément une façon de le faire.
Sassem était arrogant et persuader d’être ce que le monde attendait depuis sa création.

Sûr de sa place, il avait entreprit dès son plus jeune âge de corrompre le monde afin de le dominer et ce par l’intermédiaire des affaires. Il était si doué, qu’aujourd’hui il possédait une des 5 entreprises les plus côtés au monde. Il avait conclu des alliances légales et illégales avec une bonne partie des monarques et présidents de cette terre. 1/3 était sous sa domination. Bien sûr tout ceci était non officiel et les pays qu’il dirigeait l’étaient par l’intermédiaire d’hommes à lui qu’il plaçait comme dictateur.

Ainsi il « gouvernait » l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale, ainsi que l’Italie, ce qui était un choix étrange car il s’agissait d’un tout petit pays, coincé entre des civilisations encore libre. Il avait des relations très proches avec les monarques de l’Egypte, les pays, Arabes, les pays Slaves et l’Inde. L’Europe, l’Amérique du Nord, le Canada, l’Alaska, les pays du centre du monde, l’Australie et les pays scandinaves et asiatiques étaient les seuls encore libre de tout contrôle Sassemien.

Malheureusement dans la plupart de ses pays il possédait une influence importante de part ses affaires légales qui lui permettaient de disséminer ses hommes parmi les membres de la haute société.

Et année après année ils gravissaient les échelons tant sociaux que politique, donnant à Sassem plus de pouvoir. Bien sûr Sassem ne comptait pas que sur la chance de plaire, il utilisait toutes les armes à sa disposition : le chantage, la manipulation, la menace, la force, la négociation… et pour cela il possédait des espions, des affaires illégales et plusieurs armées.

Elle avait fait partie d’une de ses premières armées… un enfer.

Elle mit la main sur ses yeux comme pour chasser ces images d’une autre vie. Elle se redressa enfin et regagna la berge. Elle récupéra une pierre à savon et se frotta avec. Elle se rinça puis récupéra ses poissons. Elle remonta dans sa cabane et posa les poissons sur la table avant d’ouvrir une armoire et de prendre une serviette pour se sécher. Elle se dirigea ensuite vers une commode et prit les premiers vêtements qu’elle vit, une culotte et un pantalon noir en toile ainsi qu’un marcel noir moulant, et les enfila.

Elle reprit ensuite ses poissons et se dirigea vers l’évier. Elle attrapa un couteau fin et les vida avant de les poser dans une poêle qu’elle venait d’attraper. Tout ceci finit sur un petit réchaud à gaz poser sur un meuble à coté du buffet.

Chacun des meubles avaient été construit et posé sur un plancher en bois intégré aux branches pour plus de stabilité. Mais le reste de la cabane ne possédait pas de plancher et c’était un réseau dense de branche qui lui permettait de circuler d’un endroit à l’autre. Elle aurait put mettre un plancher sur toute la surface, mais alors la cabane aurait perdu son camouflage.

De même il n’y avait pas de toit à proprement parlé. Juste un tissu de planche lié par des cordes sue lesquelles elle pouvait tirer pour enlever le toit ou le remettre. Ce n’était donc ni très étanche ni très bien isolé mais le confort n’étant pas le but premier de cette planque, elle y avait renoncé facilement. Si un jour des soldats venaient à passer sous l’arbre, le soleil ne risquait pas d’être bloquer par des planches, dévoilant, par l’ombre étrange qui tomberait sur le sol, son refuge.

Une fois ses poissons cuit, elle les mangea à même le plat puis le posa dans l’évier, laissant la vaisselle pour plus tard. Elle alla s’assoir sur son lit, à droite de la porte d’entrée et reprit des papiers laissé ici le matin même. Elle les compulsa une dernière fois avant de fermer le dossier en écrivant : MISSION TERMINER en rouge. Il rejoignit ensuite, dans une caisse, d’autre dossier identique. Alors qu’elle s’allongeait en se demandant se qu’elle allait faire dans les prochains jours, un crépitement attira son attention.

Elle attrapa la radio qui se trouvait sous son lit et écouta. Des battements retentirent à intervalle plus ou moins régulier. Lorsque les battements cessèrent, elle souffla en secouant la tête agacée, se leva et déplaça une planche sous son lit pour prendre son téléphone portable. Elle l’alluma et prit aussi son ordinateur qu’elle alluma également.

Tout en composant un numéro sur son téléphone, elle saisit un câble. Elle relia son téléphone à son ordinateur puis mit le téléphone sur haut parleur et le posa. Elle tapa ensuite des codes complexes sur son ordinateur. Elle venait de terminer de mettre en place son brouilleur lorsque son interlocuteur daigna répondre.

- Pourquoi appelles-tu sur la radio ? T’as plus de brouilleur ou quoi ? fit-elle irritée.

- J’avais envie de voir si tu connaissais toujours mon numéro, dit-il désinvolte.

- Si tu appelles sur la radio c’est que tu es dans les environs. Ou exactement ? Et pourquoi ?

- Oh tu me vexes ! répondit-il faussement outré. A t’entendre je n’ai pas de bonne intention ! Il se trouve que je souhaitais juste avoir de tes nouvelles.

- C’est ça… fit-elle sarcastique. Alors ? reprit-elle plus durement.

- Je vois que tes manières sont toujours aussi bonnes. Bien, puisque tu insistes… J’ai été contacté pour un kidnapping. Et d’après mes infos je vais avoir besoin d’un partenaire, enfin d’une partenaire.

- Qu’est-ce qui te fait croire que je pourrais être intéressée ?

Un rire bas se fit entendre.

- A d’autre Enyo… Je sais ce que tu as fait aujourd’hui. Et toi comme moi, savons qu’après ce genre d’éclat, Sassem est fou furieux et te fait rechercher partout et par tous. En fait tu as plutôt de la chance que je sois dans le coin, ton départ sera plus rapide ainsi.

Elle se mit à réfléchir. Effectivement, elle savait que dès que les communications, qu’elle avait soigneusement saboté, serait rétablis, Sassem serait mit au courant de l’échec de son projet et lancerait une dizaine de contrat sur tête.

- Je ne risque rien là ou je suis, dit-elle néanmoins.

- Oh mais je n’en doute pas, fit son interlocuteur avec amusement. Mais s’il n’entend pas rapidement parler de toi hors de la Colombie, il saura qu’il t’a piégée. Et là, les moyens qu’il mettra en œuvre pour t’attraper seront trop, mêmes pour toi. Alors que si tu change de pays comme de chemise…il se fatiguera vite de disperser ses hommes pour rien. Comme d’habitude quoi… Allez Enyo, fait pas ta mijaurée, d’autant que la mission s’annonce excitante…

Elle savait qu’elle allait dire oui depuis le début de la conversation, mais pas lui, et elle adorait l’embêter, alors elle le laissa mariné encore un peu.

- Ok, fit-elle enfin.

- Tu ne vas pas le regretter.

- Kidnapping tu as dit. On le fait ou on délivre ?

- On délivre. Je te donnerais toute les infos quand tu m’auras rejointe. Je suis au point central delta. A toute chérie !

La grande femme brune secoua la tête agacée par sa familiarité mais ravie de cette nouvelle mission. Elle se releva, rangea et prépara ce dont elle aurait besoin, puis partit.
 

_________________
« Vous pouvez m'enfermer et jeter la clé, mais vous ne m'enlèverez jamais la plus grande des libertés, mon imagination. »
(Reprise de la série Bad Girls)

http://www.lecoindubricabrac.net/


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MessagePosté le: Dim 27 Fév - 12:32 (2011)    Sujet du message: Publicité

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Kyo
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MessagePosté le: Dim 27 Fév - 19:08 (2011)    Sujet du message: Sassem by Honey Répondre en citant

Chapitre 2 :

Enyalios l’accueillit avec son habituel sourire effronté. Il était plus grand qu’elle, ce qui était un exploit vu qu’elle faisait 1m80. Il avait les yeux marron et cheveux noirs. Aujourd’hui il les portait mi-long et bouclé. Il avait aussi un petit bouc. Ca s’était nouveau mais pas surprenant, son look changeant au gré de sa fantaisie.

Enyalios était un homme étrange. Tout semblait l’amuser. Il n’était que rarement sérieux et draguait souvent et dans des lieux pas forcément approprié. Il était musclé, mais juste ce qu’il fallait pour renforcer l’aura de force et de virilité qu’il dégageait naturellement. Il portait une boucle d’oreille simple à l’oreille droite et un collier fin en cuir noir. Sa perpétuelle bonne humeur était trompeuse, car Enyalios était un combattant de génie. Il émanait de lui une énergie animal qu’il contenait jusqu’à ce qu’il soit temps pour lui de se battre. Ce qu’il faisait aussi souvent que possible. La violence le fascinait et il adorait combattre à ses côtés car comme lui, elle était impitoyable lors des missions.
Elle le rejoignit mais attendit d’être dans l’avion pour l’interroger. Une fois installé dans le petit jet manifestement privé, car d’un grand luxe,
Enyalios entama la conversation :

- Toujours aussi parfaite Enyo, lui dit-il avec son sourire canaille. Mais tu as l’air tendu, un problème ?

- Non.

Cette réponse laconique autant que sèche le fit sourire de plus belle.

- Allons, allons, ma belle, pas avec moi, murmura-il. Si tu ne veux pas en parler, je comprends, mais je connais un excellent moyen de faire retomber toute cette…tension, continua-il en insistant sur le mot tension.

Pour toute réponse, Enyo le fixa de son regard le plus glacial. Son sourire faiblit et il remua nerveusement sur son siège. Elle détourna les yeux et il soupira intérieurement de soulagement. Il la connaissait depuis plusieurs années et elle continuait de le mettre mal à l’aise. Pourtant il savait qu’elle ne lui ferait rien s’il ne tentait pas de la tuer ou de se mettre entre elle et son objectif principal. Néanmoins il avait toujours un doute lorsqu’elle le toisait ainsi.

Parfois il aurait bien aimé qu’elle le fasse réellement car il saurait alors qui des deux était le meilleur. Bien sûr il lui avait servit de mentor pendant quelques années mais elle avait fait du chemin depuis et ajouter d’autres cordes à son arc. Sa réputation dans le milieu des mercenaires était devenue telle qu’il ne pouvait dire avec certitude qu’il était toujours le meilleur.

- Si tu me parlais de ce kidnapping…

Il haussa les épaules et commença :

- Il s’agit d’une gosse de riche, une de ces petites princesses pourries, gâtées. Elle à été enlevée il y a 5 jours maintenant et une demande de rançon est parvenue il y a 4 jours à son père. Il a essayé de gagner du temps et il lui est parvenu une mèche de cheveu et un ongle couvert de sang il y a 3 jours. La nouvelle rançon et les instructions sont arrivées il y a 2 jours. Elle à été versée hier. Et depuis aucune nouvelle.

- Quand as-tu été engagé ?

- Il y a 3 jours, juste après l’arrivée du « paquet ». Le père a eut un mauvais pressentiment.

- Et il semble avoir eut raison. Ou va-on ?

- En Grèce. Nous avons rendez-vous avec lui.

- Qu’as-tu fait pendant ces trois jours ?

- J’ai cherché et retrouvé sa trace.

- Ou ? demanda-elle légèrement agacée de devoir lui arracher chaque information.

- En Russie, chérie ! s’exclama-il d’un ton joyeux.

- En Russie, répéta-elle platement.

« Fantastique… je quitte un pays contrôlé par Sassem pour entrer dans un autre. » Elle le regarda furieuse.

- Tu m’as dit de me faire oublier par Sassem et tu m’emmènes directement chez lui, l’accusa-elle.

- Oui, mais comme je te l’ai dit, il saura que tu bouges et dispersera ses contrats, expliqua-il toujours aussi joyeux. Et imagine un peu sa tête lorsqu’il saura que tu entres et sors de ses territoires sans problème !

Bien sûr, il venait de dire les mots qu’il fallait. Rien ne comptait plus que de poser problème à Sassem. Elle haussa les épaules, prit une courte inspiration pour se calmer face au mauvais tour qu’il venait de lui jouer et reprit :

- Que fais le père ?

- C’est un armateur. Le plus gros de Grèce. Il est très riche et très connu. C’est même une relation d’affaire de Sassem.

A ses mots, les yeux d’Enyo se mirent à briller d’intérêt. Elle se tendit vers lui suspendu à ses lèvres. Enyalios fit un petit sourire, satisfait de son effet. Comme elle gardait le silence il continua.

- Elle s’appelle Alexia Stefanos. Elle a 23 ans. C’est l’unique héritière de la fortune et de l’affaire familiale. Elle a bien des cousins, mais ils ne figurent pas sur le testament de son père. Sa mère est décédée lorsqu’elle avait 8 ans de la maladie de Huntington. Son père nous en dira plus sur elle lorsqu’on y sera.

- Et pour les ravisseurs ? Ont-ils un lien avec Sassem ?

- Pas que je sache. Comme je te l’ai dit, le père et lui sont en relation d’affaire, mais rien ne dit qu’il soit au courant de quoi que se soit. Peut-être est-elle un moyen de pression contre son père mais dans ce cas pourquoi la rançon ? De plus il n’est pas en Russie, mais en France. Et nous savons combien il aime faire plier les gens lui-même. Non, je pense qu’il s’agit d’une faction de rebelle et qui utilise un des territoires de Sassem pour les mêmes raisons que toi. L’ennuyer. C’est amusant, tu aurais put nouer des relations de travail avec eux et t’en servir dans ta guerre contre Sassem mais comme tu vas les rouler…

- Et qu’est-ce qui te fait croire que maintenant que je suis au courant de ça, je ne vais pas choisir leur camp ?

Enyalios se raidit. « Pourquoi n’avait-il pas fermé sa grande gueule ? » Sassem. Elle le haïssait tellement… Puis il se détendit. Elle s’était engagée avec lui. Et lorsqu’Enyo s’engageait, elle allait jusqu’au bout.

- Parce que tu es d’une grande loyauté Enyo, fit-il avec un sourire satisfait. Ca fait partie de ta réputation, tu ne vas pas la ruiner.

Elle haussa les épaules, le regard toujours fixé sur lui.

- Et puis, tu peux toujours retourner les voir après en utilisant ton évidente supériorité pour leur montrer à quel point une collaboration est dans leur intérêt.

Cette fois elle sourit et se ré-appuya contre son dossier.

- En ce qui concerne la paie ? demanda-elle finalement.

- 250 000 plus la rançon si on la trouve.

- Qui est de ?

- 15 millions.

Enyo siffla devant l’aubaine. Avec ça, elle serait tranquille un moment…

- Ma part ? s’enquit-elle

Enyalios grimaça.

- Cinquante-cinquante.

- Ca me va.

Sur ce, tout deux s’abimèrent dans le silence, chacun perdu dans ses pensées, pendant le reste du voyage.

A leur arrivée à l’aéroport d’Ithaque, une voiture les attendait. Enyalios voulu monter à l’avant, mais Enyo le prit de vitesse, elle s’assit en lui tirant la langue. Il secoua la tête et se dirigea vers l’arrière. Ils mirent une quinzaine de minutes environ pour sortir du trafic, puis prirent une route moins fréquentée. Le paysage qui défilait était magnifique. Des pins, des cyprès, des eucalyptus et surtout des oliviers en quantité. La végétation était dense et formait un contraste saisissant avec les bords escarpés de l’île.

La fenêtre du chauffeur était légèrement ouverte et laissait pénétrer une odeur exquise. Elle lui faisait penser à celle des vacances, surtout associée aux bruits des criquets qu’elle percevait malgré le bruit du moteur et celui du vent sifflant par la vitre. Enyo ferma les yeux et se laissa emporter par les souvenirs d’une autre vie.

Sa mère s’apprêtait à sauter du plongeoir. Son corps était gainé dans un maillot une pièce noir. La petite fille qu’elle était alors la regardait faire avec adoration. Elle fit un mouvement de balancier avec les bras, plia les genoux et se propulsa dans les airs, effectuant une vrille parfaite avant d’atterrir mains en avant dans la piscine. Elle entendit des applaudissements à ses côtés et tourna la tête.

Son père était là, debout, son short de bain rouge contrastant avec sa peau hâlé. Il applaudissait sa femme, un sourire admiratif aux lèvres. Il se dirigea ensuite vers l’échelle et lui tendit sa main, qu’elle saisit avec grâce. Elle mit le pied sur le rebord de la piscine, sourit à son époux qui lui murmura quelque chose. Elle rit puis se tourna vers elle.

Elle arriva en courant, l’attrapa puis les propulsa toute deux dans l’eau en riant. Leurs deux têtes crevèrent la surface de l’eau en même temps et elle s’accrocha à sa mère de toutes ses forces en enfouissant sa tête dans son cou. Elle se rappela qu’alors, malgré sa peur, elle se sentait en sécurité. Elle se savait aimée et protégée. Et elle savait que jamais elle ne serait seule.


Enyo rouvrit les yeux envahie par la nostalgie. Finalement ils l’avaient laissé seule…

La voiture stoppa devant une gigantesque bâtisse, sorte de manoir issu du siècle dernier. Enyalios sortit aussitôt et fit une remarque sarcastique qu’elle ignora. Un homme de taille moyenne, blond aux yeux marron descendait les escaliers menant au manoir.

Il portait un costume noir en cachemire, une chemise blanche et une cravate verte foncé qui brillait un peu. Il émanait de lui une autorité naturelle. « Cet homme était un meneur, habitué à donner des ordres et à être obéi » se dit-elle. Ca expliquait qu’il ait voulu gagner du temps dans le paiement de la rançon, il avait voulu récupérer le contrôle, et ça avait couté un ongle à sa fille... « Je me demande s’il regrette. »

Arrivé près d’eux il leur tendit la main.

- Bonjour monsieur, madame, fit-il en leur serrant la main. Avez-vous fait bon voyage ?

- Excellent merci, répondit Enyalios. Comment vous portez vous ? s’enquit-il avec une correction propre à la haute aristocratie.

- Merveilleusement bien, je vous remercie. Si vous voulez bien vous donnez la peine, fit-il en désignant d’un geste la porte de sa demeure.

Pendant cet échange de mondanité, Enyo avait rongé son frein en examinant les alentours. Le terrain était très bien entretenu et très grand. Des arbres bordaient l’allée qui menait au manoir. Des oliviers entouraient une fontaine un peu plus haut sur le chemin. Ils avaient dû passer devant en arrivant, mais à ce moment là elle devait être perdue dans ses pensées.

Revenant au temps présent, elle suivit Enyalios dans la demeure. Le maître des lieux les introduisit dans un immense salon faisant suite à un hall non moins immense. Il était décoré comme tous les salons de personnes riches. « Avec des vieilleries hors de prix et esthétiquement agressives » pensa Enyo en secouant la tête.

Ils s’assirent sur un canapé inconfortable mais précieux et impatiente d’en venir au fait, elle coupa les hommes dans leur bagatelle.

- Avez-vous eut des nouvelles de votre fille ?

- Non.

- A quoi ressemble-elle ? s’enquit Enyalios à son tour.

Enyo lui lança un regard torve qu’il lui renvoya avec un air outré. Il se pencha vers elle et lui murmura :

- C’est important à savoir, il ne faudrait pas que l’on se trompe de cible.

Enyo était d’accord mais elle savait que ce n’était pas pour cela qu’il avait posé la question.

- J’ai préparé une photo justement, fit M. Stefanos en leur tendant un cliché.

Enyalios l’attrapa le premier.

- Jolie petit lot, murmura-il à son intention.

Enyo secoua la tête et lui prit la photo des mains. En la voyant, elle eut comme un choc. Le temps sembla s’arrêter et se déformer. Une image tordue de la jeune fille apparue mais différente. Sur le cliché elle avait de longs cheveux blonds. Mais dans sa vision elle avait des cheveux courts. Sur le portrait la fille avait des vêtements chic mais classique, mais dans sa tête, elle portait une tenue de cuir rouge très ajusté. Ses yeux bleu-vert et les traits de son visage étaient les seules choses communes aux deux images.

Enyalios lui secoua l’épaule.

- Eh oh, ma belle, elle te fait tant d’effet ? chuchota-il en souriant.

Elle lui jeta un regard noir mais ne nia pas et rangea la photo dans sa poche. M. Stefanos reprit la parole :

- Sur la photo, ma fille est blonde, mais dernièrement elle s’est teint en auburn.

Ils hochèrent la tête. Puis il reprit :

- Comment allez-vous procédez ?

- Le savoir ne vous servirait à rien et pourrait compromettre le bon déroulement de notre plan, sortit Enyalios d’une traite.

C’était la réponse standard. Elle avait l’avantage de dire la vérité mais d’omettre que les ¾ du temps leur plan n’était pas au point avant la dernière seconde.

-Mais…

- Ne vous en faite pas. Nous savons ce que nous faisons, dit-elle en se levant.

Elle sortit un morceau de papier de sa poche et le lui tendit.

- Je ne reviendrais pas. J’ai d’autres affaires qui m’attendent, je vous donne donc mon numéro de compte. Vous virerez ma part dès que votre fille sera de retour.

- C’est donc vous qui la ramènerez ? demanda M. Stefanos en se tournant vers Enyalios.

- En effet, acquiesça Enyalios. J’aurais ce plaisir.

Nouveau regard noir d’Enyo. Il leva les deux mains d’un air innocent, les sourcils en accent circonflexe. Elle le fixa jusqu'à ce qu’il se lève, un sourire nonchalant aux lèvres.

- Bien cela ne devrait pas prendre trop longtemps. On vous recontacte dès que la mission est accomplie, fit-il en serrant la main de son client.

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MessagePosté le: Lun 28 Fév - 08:50 (2011)    Sujet du message: Sassem by Honey Répondre en citant

Chapitre 3 :

A plat ventre sur la colline qui surplombait le petit village ou, selon leur informateur, se trouvait l’héritière grecque, Enyo et Enyalios observaient les allers et venues. Ils se trouvaient au milieu d’une région désertique situé entre les monts Verkhoïansk et le fleuve Lena. La seule végétation qui les cachaient à la vue des soldats étaient une herbe sèche et rare qui irritaient leur peau en les piquants à travers leurs vêtements. Cela faisait des heures qu’ils étaient arrivés et la fatigue commençait à se faire sentir.

Enyalios soupira.

- C’est mal parti.

- C’est les deux soldats à chaque entrée du village qui te font dire ça ? demanda-elle pince sans rire.

- Ca et les deux autres qui observent les collines avec des jumelles, ouais, fit-il soudainement joyeux.

Enyo eut un petit sourire puis retourna à son observation. Le village ressemblait à tous les villages isolés. Il était fait de masure en bois disposé en ligne de part et d’autre d’une grande avenue. Pour un peu on se serait cru dans un village du far West. Les deux sentinelles étaient déguisées en banal villageois. Ce qui les trahissait étaient leur position. Il regardait vers l’horizon les yeux toujours fixé sur l’extérieur même lorsque l’on s’adressait à eux.

Les deux hommes chargés de l’inspection des collines alentour se trouvait au second étage de deux larges bâtisses de chaque côté de l’avenue. L’une devait être le réfectoire et l’autre soit une sorte de salle de réunion, soit leur dépôt de munition.

- Il faut trouver un moyen d’entrer sans se faire repérer. Tu as une idée ? s’enquit Enyalios.

- Oui. Mais il faudrait d’abord savoir dans quelle maison ils ont planqué la fille.

- Je t’écoute.

- Pour commencer, on va devoir organiser notre fuite.

-Bonne idée. Mais là c’est le désert. Poser des pièges ne va pas être simple.

- Ca dépend du matériel dont on dispose.

Enyalios sourit. Il sentait que ça allait être sanglant.

- Et qu’as-tu apporté ?

- Deux-trois petites choses, répondit-elle avec le même sourire.

Elle se leva et partit préparer quelques pièges pendant qu’il restait là à surveiller les allées et venues des soldats. Il devait repérer les tours de gardes, les relèvements, ou se situait le dépôt de munitions et le lieu de détention de la gamine, le nombre de soldats exact, le chef et ses lieutenants…

A la nuit tombée, Enyo revint vers lui et lui fit signe de la suivre. Lorsqu’ils furent au pied de la colline, elle lui indiqua d’un geste une cavité creusée dans celle-ci. Il s’y rendit pendant qu’elle partait en petite foulée au loin.

Il pénétra dans la petite caverne et vit qu’un feu léger avait été lancé et que deux couvertures avaient été placées de part et d’autre. Il comprit qu’elle était partit chercher leur dîner afin d’économiser leur ration pour la fuite. Il se demanda ce qu’elle pourrait bien trouver dans une région aussi désertique et froide, puis s’adossa à la paroi et regarda au dehors, les étoiles qui commençaient à scintiller.

Enyo ralentit sa course et approcha en marchant du petit oasis qu’elle avait repérer plus tôt lorsqu’elle posait les pièges. C’était un petit étang entouré d’herbes, de fleurs, d’arbres et de sable. « Plutôt étonnant, l’existence d’un tel lieu dans une région aussi froide. »

Elle s’accroupit près du bord de l’étang et attendit sans bouger que sa proie se montre. L’eau était limpide et l’on voyait le fond. Enyo se mit à regarder évoluer les quelques poissons qui y vivaient, se demandant comment ils avaient pu atterrir là. Il y en avait de couleur jaune, d’autre rouge et d’autre encore bleu rayé de d’orange. On aurait dit des poissons de mer. Enyo était intriguée. Elle releva la tête et se mit à observer les plantes alentour. Elle les reconnu comme étant des plantes tropicales.
Stupéfaite, elle se demanda comment elle pouvait survivre dans une région aussi froide. On aurait dit que quelqu’un avait amené cet oasis du désert d’Afrique ou il se trouvait avant. Elle secoua la tête, à quoi bon toute ces questions… elle ne pourrait pas y répondre dans l’immédiat.

Revenant à la réalité elle vit sortir de l’eau une tortue assez imposante. La nuit venue les tortues de ce pays sortaient de l’eau pour trouver un endroit plus chaud ou dormir, c’était une des rares choses qu’elle savait sur ce pays, mais elle ne pensait pas en trouver ici. Elle prit son couteau de chasse, s’approcha tranquillement et d’un même geste, attrapa la tête de la tortue et la sectionna. La tortue n’avait rien vu venir.

Elle garda la tête dans sa main et sans ranger son couteau se rendit près d’un terrier situer un peu plus loin et creusé dans une butte. Elle laissa une trace de sang s’écouler devant puis posa la tête un peu plus loin. Elle se mit ensuite au dessus du terrier et attendit encore. Quelques minutes suffirent pour qu’un museau apparaisse et se dirige vers la tête de la tortue. Lorsqu’il se mit à la traîner elle bondit et atterrit près de lui. Elle abattit sa main sur sa nuque et d’un mouvement d’une rapidité foudroyante, elle lui trancha la gorge.

Elle se releva essuya son couteau sur son pantalon, ramassa la tortue et s’en retourna à la caverne. Elle trouva Enyalios les yeux tournés vers le ciel qui lui sourit lorsqu’il la vit apparaître.

- La pêche à été bonne à ce que je vois.

- Humm.

Elle lui jeta les deux cadavres et d’un mouvement des sourcils lui fit comprendre qu’il devait les préparer. Il haussa les épaules et avec un sourire de gamin content de lui, prit son couteau. Elle se dirigea vers son sac à dos en sortit des vêtements propres et retourna vers l’étang.

Parvenue devant l’étendue d’eau, elle se déshabilla et laissant ses vêtement en tas, s’avança dans l’eau fraîche. « Ouais vraiment fraîche » soupira-elle intérieurement. Cela faisait plusieurs jours qu’ils voyageaient sans arrêt afin d’arriver au plus vite. Elle n’avait pas vu de douche depuis son départ de la gare de Moscou trois jours auparavant. Et même si elle pouvait tenir plus longtemps ainsi, elle devait s’avouer qu’être propre était très satisfaisant.

Elle se mit à nager afin de chasser l’engourdissement qui la prenait. Tout en se mouvant, elle réfléchit au lendemain. Ca allait être difficile, mais pas impossible. Tout dépendrait de la fille. « Si elle est comme Enyalios la décrite, à savoir, pourrie gâtée, elle risquait de les ralentir voir pire. Bah, je peux toujours l’assommer et Enyalios la porter. Mais si la fille est effectivement une petite princesse, c’est un vrai miracle que ses ravisseurs ne l’ait pas encore tuée. »

Enyo s’arrêta subitement. « Etait-elle toujours en vie ? » A cette question, elle sentit un pincement au creux de son estomac. Enyo fronça les sourcils. Qu’est-ce que c’était que ça ? Elle se massa le ventre comme si cela pouvait le faire partir, puis soudain nerveuse, elle sortit de l’eau, saisit ses vêtements propres et entreprit de s’habiller en regagnant leur abri pour la nuit.

A peine entrée, elle questionna Enyalios :

- Elle est toujours vivante ?

Enyalios qui ne l’avait pas entendu revenir, secoua la tête agacé. « Comment elle fait ça ? » Il haussa les épaules et retourna à la cuisson de la viande.

- Je ne l’ai pas vu, mais des soldats ont apporté des plateaux de nourriture aux heures de repas Grecque, dans une des cabanes jouxtant le réfectoire. Alors j’imagine que oui.

Enyo sentit le soulagement l’envahir. Elle se raidit aussitôt. « Qu’est-ce qui m’arrive ?! » se demanda-elle irritée. Puis elle intégra ce qu’Enyalios venait de dire. « Ils suivent les heures Grecques ? Pourquoi sont-ils aussi prévenant ? » Mais n’ayant aucun moyen de répondre à ces questions, elle chassa ces pensées inopportunes et revint à leur plan.

- Qu’as-tu découvert d’autres ?

- J’ai repérer le chef de ce petit groupe et ses deux lieutenants. Leur petite armée se chiffre à 28 hommes et femmes. Pas d’enfants.
Il lui décrivit ensuite le chef et ses deux lieutenants en lui tendant de la viande cuite. Il allait éteindre le feu quand elle lui fit signe de faire cuire toute leur viande. Il hésita puis haussa les épaules et mit le reste de la viande dans la poêle.

- Leur baraque sont toute en bois, excepté celle ou la princesse se trouve, reprit-il enfin. Le bois n’est qu’apparent. L’intérieur est en béton. Il n’y a pas de fenêtre et la porte s’ouvre avec un code.

- Ils ont mit une serrure électronique ? s’étonna-elle

Il hocha la tête

- Tu es sûr qu’elles sont toutes en bois ?

- Ouais, ils se seraient fait repérer par les hommes de Sassem s’ils avaient acheté du béton en grande quantité, tu sais bien qu’il fait tout surveiller pour prévenir ce genre de problème, justement.

- Et comment sais-tu que la prison est en béton si on ne voit que les planches de l’extérieur ?

- Le charme, blagua-il.

Devant son air sérieux, il s'expliqua.

- Deux idiots sont venus faire leur affaire par ici, fit-il en montrant le haut de la colline, et ils en parlaient.

- Ok, continue.

- La relève à lieu toute les quatre heures mais ils ne font pas de ronde. Ils restent à leur poste sans bouger.

-C’est idiot mais à notre avantage.

- Ce n’est pas tellement idiot. Un détachement serait visible de loin. Ils ne s’attendent pas à être attaqués par deux personnes, c’est tout.

- C’est en ça qu’ils sont idiots. Ils s’attendent aux choses les plus évidentes. Il faut s’attendre à l’inattendu et tu le sais, c’est toi qui m’a apprit ça.

- Oh vraiment ? fit-il avec un air canaille.

Elle soupira soudainement fatiguée. « Il est usant… et il le sait » se dit-elle en lui jetant un regard en coin. Il la fixait avec un grand sourire.

- Ton plan ?

« On peut être deux à jouer » songea-elle.

- Tu n’en as pas un ? Après tout c’est ton job, moi je suis là en renfort seulement.

Il éclata de rire. Lorsqu’il eut reprit son souffle, il leva les mains en disant :

- Ok, tu m’as eut. J’en ai un en effet, mais je suis sûr que c’est le même que le tient.

- Je t’écoute.

Il le lui exposa en traçant le schéma du village dans la poussière. Elle hochait la tête au fur et à mesure de ses explications. Lorsqu’il termina, il lui lança :

- Alors à quelle heure se lève-on pour finir de mettre en place les pièges ?

Elle le fixa quelques secondes surprise. Puis ne pût retenir un sourire. Elle se mordit la lèvre, mais il le vit.

- Je te l’ai dit bébé, on pense pareil. On est fait l’un pour l’autre ! s’exclama-il en ouvrant grand les bras, l’air de dire, va-y bébé, saute moi dessus, je suis prêt.

Elle éclata de rire et il prit un air faussement vexé.

- Tu peux rire, je sais bien que tu m’aimes bien…

« Oh oui, je t’aime bien. Et c’est justement ça le problème. » Elle reprit son souffle et lui dit de se coucher, qu’ils se lèveraient avant l’aube pour mettre les pièges près du village. Aux premiers rayons du soleil, ils devraient passer à l’action. Juste avant la relève.

- Ce ne serait pas mieux d’attendre la nuit ?

- Pour une armée oui, mais nous ne sommes que deux. A l’aube, ils seront à moitié endormit et juste avant la relève, plus vraiment aux aguets. De plus l’arrivée des premiers rayons du soleil, les détendra, vu qu’ils seront à nouveau capables de voir au loin sans gadget. C’est le meilleur moment pour nous.

- T’as de quoi ouvrit la porte miss ? fit Enyalios avec un accent des bas-fonds.

Enyo réprima un nouveau sourire et acquiesça.

- Tu as réellement prévu du matos pour ce genre de cas ? s’exclama-il surprit.

Elle se contenta de le fixer avec un petit sourire supérieur. Il se renfrogna et lui tourna le dos. Elle éteignit le feu et se coucha à son tour puis contempla les étoiles. Elle avait l’habitude étrange d’essayer d’apercevoir des formes familières dans le ciel étoilé.

Elle avait commencé peu après la mort de sa famille, lorsque seule enfant au milieu de soldat, elle recherchait les visages de ses parents sur la voie lactée. Elle n’avait jamais réussit à les trouver, mais ce jeu qu’elle pratiquait chaque soir avant de s’endormir la réconfortait. Même si elle ne les voyait pas, elle avait l’impression d’être avec eux, le visage ainsi tourné vers le ciel, leur dernière demeure. Un peu comme si c’était avec eux, qu’elle jouait.

Et une fois encore, elle s’endormit en jouant avec ses parents.

Peu avant le lever du soleil, elle se réveilla. Elle s’étira, se leva et secoua Enyalios. Elle rassembla leurs possessions et prépara en deux tas ce dont ils auraient besoin pour les pièges. Elle se tourna ensuite vers son compagnon, accepta la ration qu’il lui tendait et lui expliqua ce qu’elle attendait de lui en pointant le doigt sur son tas et termina en lui disant d’aller remplir leur gourde d’eau à l’oasis lorsqu’il aurait terminé et de laisser leurs affaires là-bas. Elle partit ensuite de son côté.

Lorsque les premiers rayons du soleil percèrent les nuages, Enyalios surgit à ses côtés. Il montra sa main ou se trouvait un briquet et un allume feu et elle hocha la tête. Il se dirigea vers l’entrée du village en rampant lentement sur le sol. Il était, comme elle, vêtu de noir et le visage et les mains couvert de cirage noir. Leurs cheveux étaient attachés en une natte serré qui pendait dans leur dos. Elle rampa ensuite vers la sortie du village.

Une fois sur place, elle se colla contre le mur du baraquement le plus proche et entreprit d’y mettre le feu. Celui-ci, grâce à l’allume feu, prit rapidement. Elle s’écarta vivement et glissa au sol, commençant à ramper en direction de la prison. Elle vit de la fumée s’élever du côté de l’entrée du village et entendit les premiers cris d’alerte. C’était maintenant ou jamais.

Profitant du flou que créaient les deux départs de feux opposés. Elle se leva et plier en deux, elle partit en courant. Arrivée à la prison elle attendit.

Loin d’être stupide, le chef avait vite comprit l’intrusion et le but de ces feux. Il appela ses hommes et les organisa en quatre groupes. Deux s’occuperaient d’éteindre les incendies, le troisième devrait aller chercher la prisonnière et le dernier devrait récupérer les plans de leurs projets anti-Sassem au bureau.

« Il est temps de détruire cette belle organisation » se dit Enyo.

Et comme en réponse à ses pensées, Enyalios mit feu au dépôt de munition et s’éloigna rapidement sans se soucier de se faire voir. Le dépôt se désintégra dans une gerbe de flammes et l’envoya rouler au sol comme une dizaine d’autre soldats qui se dirigeait vers lui. Il se releva, se plaqua contre le mur le plus proche et fit le tour de la maison lentement. Il apparut derrière un soldat, tendit les bras, coinça la tête du jeune homme entre eux et d’une torsion, lui brisa la nuque. Il le traîna à l’intérieur et referma la porte, qu’il coinça avec une chaise.

Il observa rapidement les alentours des yeux, vit qu’il était seul et monta à l’étage qu’il inspecta méthodiquement. Il ouvrit ensuite une fenêtre et avisa un groupe de soldat qui se dirigeait vers la prison de la princesse. Il dégoupilla une grenade et la lança avec force dans leur direction. Elle atterrit au milieu des hommes qui s’envolèrent dans tout les sens lorsqu’elle explosa. Satisfait il regarda ou en était Enyo et la vit pénétrer à l’intérieur de la prison. Il décida alors de déroger au plan et se mit en quête de la rançon ou d’une bonne bagarre, voire les deux.

A l’instant où le dépôt de munitions volait en éclat et désorganisait les groupes du chef, Enyo sortait son ordinateur de poche et le branchait à la serrure électronique. Un petit bip retentit au moment ou elle vit une grenade atterrit au milieu d’un groupe de soldats. Elle ouvrit la porte et la referma aussi vite, s’accroupit à côté de la porte et alluma sa lampe de poche.

La lumière tomba sur un visage effrayé. Elle s’approcha en parlant doucement. Mais la fille ne semblait pas la comprendre. Lorsqu’elle fut assez prête, elle comprit pourquoi, elle était en état de choc. Soupirant, elle leva la main et l’abattit sur la joue de la fille. Elle comprit que la gifle avait fait son effet lorsqu’elle en prit une à son tour.

Elle attrapa la main, ébahie de s’être laissé surprendre, et colla sa bouche près de l’oreille de la prisonnière. Elle lui murmura :

- Du calme, tigresse. C’est ton père qui nous envoi.

A ses mots, la fille se détendit soulagée. Elle regarda alors vraiment qui était son sauveur, mais ne put distinguer que des yeux d’une incroyable nuance de bleu. Lorsqu’elle accrocha son regard, un choc quasi-physique la traversa. Sa bouche s’assécha et elle tendit la main vers son visage.

La caresse sur sa joue fit revenir Enyo à la réalité. « Bon sang, mais qu’est-ce qu’il s’est passée ? » Lorsque les yeux verts avaient croisés les siens, elle n’avait plus pût faire un geste. Ses pensées s’étaient embrouillées et l’image de la jeune blonde aux cheveux courts et aux cuirs rouges, lui étaient revenus avec plus de force. Elle se secoua et s’empara de la main qui continuait sa caresse perturbante.

- Il faut y aller. Vous ferez ce que je vous dis, au moment ou je vous le dis et sans discussion est-ce clair ?

- …

- Alexia ! appela-elle lorsqu’elle n’entendit pas de réponse.

Au moment ou sa main l’avait agrippé, une chaleur étrange avait envahie Alexia et une image avait prit forme dans son esprit. Une grande personne brune en cuir brun. L’image se précisait mais son sauveur interrompit sa rêverie.

- Alexia, fit Enyo avec plus de force.

- Ou...oui, j’ai…j’ai entendu, bredouilla-elle un peu perdue.

Elle planta son regard dans celui de son sauveur et sentit sa panique refluer. Elle eut l’envie subite et incongrue de tirer la main qui la tenait pour l’embrasser. « Dieu du ciel, ce n’est pas le moment ! » se morigéna-elle. Lui lançant un regard en coin, elle sentit son estomac se tordre. Dieu, elle n’avait jamais été aussi attirée par un homme auparavant. Elle tenta de se reprendre et se dit qu’il devait la prendre pour une folle, à le dévorer ainsi des yeux et lui caresser la joue au milieu des explosions.

Le bruit de l’une d’entre elle, fit tourner la tête à son sauveur et rompit le charme. Elle respira un grand coup et attendit les ordres. Il lui fit signe de le suivre et de rester dans ses pas. Il ouvrit la porte, attendit quelques secondes puis se glissa au dehors. Elle le suivit le cœur battant et se figea d’horreur.

Il y avait des corps partout… Du sang en quantité… et dieu, oh ! L’odeur de chair brûlé… C’était insoutenable.

Elle se plia en deux et vomit son repas. Elle était encore en train de tousser lorsque son sauveur la tira vers lui et se mit à courir en direction d’une colline. Soudain elle entendit des pas les prendre en chasse. Elle tourna la tête mais dans la semi-pénombre ne distingua pas grand-chose.

Elle se sentit tout à coup propulsée vers le haut et atterrit au sommet de la colline. Ne sentant plus la présence de son sauveur elle se retourna et vit qu’il était aux prises avec trois soldats. Son cœur bondit dans sa poitrine. Mais il eut tôt fait de s’en débarrasser. Il usait d’un mélange de karaté et de boxe thaï… c’était stupéfiant.

Un autre soldat apparut soudainement à côté d’elle, plus grand que son sauveur, il dégageait une aura dangereuse. Elle voulu l’avertir mais l’homme l’attrapa et la tira en avant.

Au moment ou un cri allait passer ses lèvres, une main se plaqua sur sa bouche et à la chaleur que cela suscita en elle, elle comprit qu’il s’agissait de son sauveur et se calma. Quand elle le vit courir à ses côtés, elle comprit que l’homme était avec eux et respira plus librement, ce qui était un exploit quand on courait !

Enyo mit la main dans sa poche et en sortit une petite télécommande. Elle appuya sur un bouton et quelques secondes plus tard une explosion retentit, suivit de cris de rage et de douleur. D’autres déflagrations suivirent et des cris se firent entendre à intervalle régulier. Bientôt ils se retrouvèrent seuls.

Arrivé près d’une oasis, l’homme la lâcha et y entra. Son sauveur agrippa son poignet lorsqu’il la vit ralentir et tira en lui disant de continuer, qu’il les rejoindrait.

Ils coururent ainsi longtemps. Mais Alexia n’en pouvait plus… ses jambes tremblaient et menaçaient de céder à tout instant. Elle soufflait comme une asthmatique et se demandait combien de temps encore il lui faudrait maintenir ce rythme.

Au moment ou elle vit une forêt poindre à l’horizon, le deuxième homme les rejoignit, charger de deux sacs à dos. Une fois à l’intérieur de la forêt, ils ralentirent et continuèrent à s’y enfoncer en marchant de manière soutenu. Alexia commença à gémir. Elle avait si mal aux jambes…

Enyo entendit la jeune fille gémir de douleur et la vit trébucher à plusieurs reprises. Etonnamment pourtant elle ne ralentit pas ni ne demanda un arrêt. Enyo comprit alors qu’elle ne se rendait même pas compte qu’elle gémissait. Le plan se déroulant parfaitement, elle regarda autour d’elle pour trouver un abri. Elle montra un tronc creux à Enyalios qui acquiesça et accéléra le pas.

Il arriva au tronc, assez large pour deux et y déposa les sacs, avant de repartir sur leur pas pour voir ou en était leurs poursuivants et poser quelques pièges.

Enyo poussa la fille dans le creux de l’arbre et y entra à son tour. Alexia s’effondra plus qu’elle ne s’assit et tenta de reprendre son souffle. Pendant ce temps Enyo sortit une gourde et y bu un peu avant de la lui tendre. Celle-ci l’attrapa et but goulument. Mais après trois gorgées Enyo lui reprit la gourde en lui disant :

- Si tu bois trop, tu ne pourras plus courir.

Au son de cette voix grave et sexy, l’irritation d’Alexia s’estompa. Elle regarda alors plus attentivement son sauveur et à mesure qu’elle comprenait ce qu’elle voyait, son sourire pâlit pour finir par disparaître complètement.

« Dieu, mais c’est une femme ! »
 

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MessagePosté le: Mar 29 Mar - 08:27 (2011)    Sujet du message: Sassem by Honey Répondre en citant

Chapitre 4 :

Alexia n’était pas encore revenu de sa découverte qu’elle se retrouva sur ses pieds à courir de nouveau, la main dans celle de… sa sauveuse.

- Oh seigneur, gémit-elle doucement.

Elle n’avait jamais été gay, alors ce qui lui arrivait avec la grande femme devait… être autre chose. Peut-être était-elle malade et elle délirait ? Ou bien... le syndrome du sauveur ! se dit-elle avec une inspiration subite.

« Bien sûr ! Elle venait de passer des jours entiers emplit d’angoisse et de terreur. Elle avait été maltraitée et cru voir sa dernière heure arrivée. Il était normal qu’elle ressente de la reconnaissance envers son sauveur, enfin sa sauveuse. »

Soulagée d’avoir trouvé une explication à son attirance impromptue, elle revint à la réalité et se rendit compte qu’elle était en train de courir derrière sa... sauveuse « Dieu que c’était énervant de penser à elle ainsi. Connaître son prénom faciliterait mes réflexions ! »

-Excusez-moi, fit-elle entre deux foulées.

Sa sauveuse se mit à sa hauteur et attendit.

- Quel est votre nom ?

Surprise Enyo, tourna la tête une fraction de seconde, qui fut malheureusement suffisante pour qu’une branche d’un bon calibre lui saute sur le visage. Elle s’effondra sur le sol.

- Oh mon dieu ! s’exclama Alexia, je suis désolée ! C’est de ma faute ! Vous allez bien ?

Les yeux toujours fermés, Enyo plaqua sa main sur la bouche d’Alexia et l’attira sur elle. Alexia en eut le souffle coupée. Elle déglutit difficilement et lutta contre la chaleur qui l’envahissait au contact de la paume qui lui couvrait les lèvres. Sa tête fut tirée un peu plus contre le torse de sa vis-à-vis et elle sentit ses lèvres effleurer son oreille. Alexia hésitait entre son envie d’enfouir sa tête au creux de son épaule et son impulsion de s’écarter d’un bond. Ces sensations contraires étaient si perturbantes qu’elle faillit rater ce que sa sauveuse lui chuchotait.

- Ne parlez pas aussi fort. Je vous rappelle que nous fuyons un groupe de soldats armés jusqu’aux dents. Le moindre bruit est susceptible de nous faire repérer. Déjà que vous soufflez comme un bœuf alors si en plus vous parlez…

Vexée Alexia voulu rétorquez mais Enyo n’avait pas terminé.

- Je m’appelle She-Wolf. Et ce n’était pas de votre faute, dit-elle en ouvrant les yeux en grimaçant.

Elle les remit sur pied et frottant un peu son front reprit leur course plus lentement. Alexia avait oublié son irritation en entendant le nom de sa sauveuse. « She-wolf… louve. Ca lui allait si bien..., rêvassa-elle. Oh dieu, je repars dans mes délire ! » se réprimanda-elle une fois de plus.

L’heure suivante, elle se concentra pour suivre She-wolf sans « souffler comme un bœuf ». Elle avait été vexée par la remarque qu’elle jugeait injuste. Elle faisait ce qu’elle pouvait, elle n’était mercenaire elle ! Elle n’avait pas le degré de formation requit pour ce genre d’activité ! Néanmoins, décidée à lui montrer de quoi elle était capable, elle se concentrait afin de trouver un rythme qui lui permettrait de la suivre sans s’asphyxier. Et ce n’était pas facile, car She-wolf volait presque par-dessus les obstacles et rien ne semblait la ralentir.

Trébuchant une fois de plus, Alexia lutta contre son désir de se laisser glisser à terre, afin de soulager tout son pauvre corps qui tombait en lambeau. Elle buta contre une racine qui dépassait et poussant un petit cri, elle s’étala de tout son long, cognant son genou contre une pierre. Elle l’agrippa en gémissant, des larmes pleins les yeux. Soudain elle se mit à trembler. Elle avait faim, elle était épuisée et avait mal. Elle voulait juste se coucher là et…

Une ombre l’enveloppa soudainement et l’interrompit dans ses lamentations. Deux bras forts l’entourèrent et la bercèrent quelques secondes.

- Calmez-vous. Ca va allez, nous sommes presque arrivées. Je sais que vous êtes fatiguée mais il faut tenir encore un peu.

- Je…je n’a…n’arrive pas à… calmez mes tremblements… je … je suis… désolée…, bredouilla-elle au comble de l’embarras et du désespoir.

« Génial, je savais que je n’aurais pas dû accepter cette mission quand Enyalios à parler d’elle en la décrivant comme une fille à papa… ». Mais She-wolf savait qu’elle était injuste, la fille faisait ce qu’elle pouvait, ce n’était pas sa faute si elle n’avait pas l’endurance physique.

- Ce n’est pas grave. Mettez vos mains autour de mon cou. Et accrochez-vous, ca va secouer.

She-wolf, passa un bras sous ses jambes et l’autre derrière son dos, la souleva et repartit en courant. Alexia fut à la fois surprise de sa force et soulagée de ne plus avoir à courir. Elle ferma les yeux et appuya sa tête sur l’épaule de la mercenaire, laissant la course fluide de sa porteuse la bercer. Elle finit par glisser dans le sommeil sans même s’en rendre compte.

She-wolf sentit la respiration d’Alexia se calmer, tout comme ses tremblements. Après quelques minutes, elle comprit qu’elle s’était endormie. Incrédule, She-wolf secoua la tête. « Elle s’est endormie… au milieu d’une course poursuite… en pleine course… ». Une heure passa ainsi. She-wolf qui commençait à ressentir les effets de la course combiné au port d’Alexia, décida de trouver un endroit ou se reposer et attendre Enyalios.

Elle saurait ou en sont leur poursuivant et se qu’il convenait de faire, lorsqu’Enyalios serait présent. Elle ralentit le pas et regarda autour d’elle. Elle repéra une caverne et s’y rendit. Une fois à l’intérieur, elle voulu déposer son fardeau afin de partir inspecter la caverne, mais Alexia s’accrocha tant et si bien qu’elle renonça. Elle contrôla donc celle-ci de façon plus superficielle qu’elle ne l’aurait voulu, puis s’adossa à la paroi vers l’entrée de la grotte pour attendre Enyalios.

Son regard erra du côté du visage de sa protégée. Elle avait du cirage noir autour de la bouche à cause de toute les fois ou elle y avait posé sa main pour la faire taire. Détaillant son visage, elle lui trouva l’air d’une enfant innocente et son cœur se serra, soudainement ému devant ce spectacle. Elle se raidit à nouveau devant cette réaction physique inattendue. « Mais qu’est-ce que cela voulait dire ?! » se demanda-elle avec irritation. Il était plutôt claire qu’elle était attirée par la jeune fille, elle connaissait les signes et savait les repérer. Mais ça n’avait jamais été aussi fort. Peut-être qu’elle avait un problème de santé ? Ou alors c’était le seul moyen que sa libido avait trouvé pour lui faire comprendre qu’elle était en manque…

Elle dévisagea la gamine dans ses bras. Ca avait un rapport avec elle en tout cas. Et puis quelle importance après tout ? D’ici peu elle la rendrait à son monde.

Alexia se sentait bien. Elle se nicha plus confortablement contre l’épaule ou elle reposait et fit glisser ses bras du cou au ventre de son sauveur, en resserrant son étreinte.

She-wolf déglutit. Une soudaine chaleur l’avait envahit. Avec ce changement de position, les lèvres d’Alexia effleuraient maintenant son cou. Elle dû lutter pour ne pas relever la tête de la jeune fille et l’embrasser à pleine bouche. Elle se mordit la lèvre jusqu’au sang en maudissant sa libido et se jura qu’après cette mission elle trouverait quelqu’un qui la libèrerait de toute cette frustration.

La tête d’Alexia bougea encore et ses lèvres entrèrent en contact direct avec la peau du cou de She-wolf. Celle-ci ressentit comme un petit choc électrique et écarquillant les yeux elle se raidit devant la vague de sensualité qui menaçait de la submerger. Elle déglutit plusieurs fois, respira à fond et se décida à réveiller la jeune fille avant de craquer. Elle la secouait doucement lorsqu’un bruit en provenance du bois, la fit se figer.

Elle tourna la tête en direction du bruit, repéra rapidement son origine. Elle se détendit et imita le cri du fennec. C’était un son curieux : un mélange entre un jappement et un grognement, en plus aigu. On aurait dit qu’un criquet envoyait sa stridulation d’une gorge qui l’aurait avalé.

Enyalios l’entendit et chercha des yeux sa collègue. Il la vit, ou plutôt ses yeux qui brillaient, à moitié caché par l’obscurité d’une caverne. Il se dirigea vers elle et sourit en voyant le tableau qui se formait devant ses yeux.

- Elle te fait vraiment de l’effet alors… chuchota-il.

Il croisa ensuite son regard glacial et se tut mais garda son sourire en s’installant contre la paroi d’en face.

- Ils ne sont pas très loin. Il faut dire qu’on n’a pas pût saboter leur véhicule. Mais j’ai posé les mines que tu m’as données et j’ai aussi mit quelques pièges de ma composition. Ca devrait les ralentir suffisamment pour que l’on arrive jusqu’à notre point de décollage. Mais il va falloir continuer cette nuit.

- Tu as pût contacter le pilote sans problème alors ?

- Ouaip mam’zelle ! Tu crois qu’elle va tenir ? fit-il en désignant d’un mouvement de la tête Alexia.

- J’espère. Au pire tu la porteras.

- Pourquoi changer, tu as l’air de bien t’en sortir. Mais si ça te dérange tant, je me ferais un plaisir de te remplacer, ajouta-il bien vite devant son expression mortelle.

She-wolf secoua Alexia jusqu'à ce qu’elle ouvre les yeux. Celle-ci vit deux yeux aux bleus profond la fixer tranquillement. Elle lui sourit par réflexe et commença à s’étirer collant son corps contre le sien.

She-wolf prit une courte inspiration et la retint. Le sourire d’Alexia se fanât à mesure que ses muscles lui rappelait, par l’intermédiaire des courbatures, ou elle se trouvait et pourquoi. Elle prit ensuite conscience de la personne sur laquelle elle était et rougit comme une pivoine, gênée au-delà du possible. Elle se redressa d’un bond et se détourna aussitôt. Son regard tomba sur le visage de son autre sauveur et elle lui sourit timidement.

- Je… elle se racla la gorge et reprit. Je m’appelle Alexia.

Elle lui tendit la main. Il se leva, la serra et d’une courbette lui fit un baisemain. En se redressant il lui décocha un sourire charmeur.

- Enchanté… Je m’appelle Enyalios.

Pour le coup Alexis ne savait plus ou se mettre. La jolie teinte pivoine avait refait son apparition au moment du baisemain et Alexia se demandait avec désespoir si elle comptait se ridiculiser encore longtemps.

- Je… hum… moi aussi.

Content de lui, Enyalios fit un clin d’œil à She-wolf et lui murmura :

- Si tu n’en veux pas, moi je m’en charge.

Il n’eut droit, une fois de plus, qu’à son regard noir. Il haussa les épaules et s’adressant à Alexia :

- On va devoir marcher toute la journée et toute la nuit. Tu vas y arrivée ?

- Presque arrivée, hein ? dit-elle ironique à She-wolf.

Celle-ci haussa les épaules.

- Pour moi, oui.

- Tant qu’on ne court pas, je pense pouvoir tenir, répondit-elle ensuite à Enyalios.

- Bien, alors c’est partit.

Ils se mirent tout les trois en route en file indienne, Enyalios devant et She-wolf derrière. Après quelques heures de marche soutenue, Alexia demanda en baissant la voix :

- Est-ce que je pourrais boire ?

- On va faire une pause, répondit Enyalios de la même façon. Enyo, tu veux bien aller voir ou en sont nos « amis » ?

She-wolf hocha la tête et disparut. Stupéfaite par sa rapidité, Alexia se tourna vers Enyalios.

- Tu… elle est vraiment très rapide.

- Elle tient ça de moi, fit-il en lui tendant une gourde.

Alexia fit un mouvement de sourcils surprit bu et attendit.

- Je suis son mentor.

Alexia hocha la tête et demanda :

- Pourquoi l’as-tu appelé Enyo ?

- Comment veux-tu que je l’appelle ? demanda-il perplexe.

- Ben, par son nom. She-wolf.

Sidéré, Enyalios, la fixa un long moment.

- Elle t’a donné son nom ?! s’exclama-il.

- Qu’est-ce que ça à de si extraordinaire ?

- Elle ne donne jamais son nom !

- Jamais ?

- Jamais !

Après un instant, il répondit à sa question.

- Enyo c’est son nom de mercenaire et c’est ainsi qu’elle se présente. She-wolf… ce n’est pas son vrai nom, c’est celui qu’elle s’est choisie il y a de ça plusieurs années. Son vrai nom elle ne s’en souvient pas. Elle t’a donné son nom, alors prend le comme un honneur, peu de personne dans le monde le connaisse. Mais ne t’avise pas de le répéter. Si elle voulait que tout le monde le connaisse, elle le dirait elle-même, la menaça-il soudain.

- Ne t’en fait pas, je sais garder un secret. « Et ce n’est pas peu dire » Elle est amnésique ?

- Non.

- Alors comment…

Il l’interrompit.

- C’est son histoire… Si elle veut te la raconter, elle le fera.

- D’où vient Enyo ? tenta-elle encore.

- Ah ça, c’est moi qui lui ai choisi.

- Toi ?

- Hum hum. Enyo est le nom d’une déesse de la bataille, amie d’Arès.

- Et alors ?

- Enyalios est l’autre nom donné à Arès.

- Oh, je vois.

Un éclair de jalousie la traversa.

« Toi, tu connais son nom et son histoire et tu lui as apprit pas mal de chose, tu l’as même rebaptisé en fonction de toi. Mais elle ne t’appartient pas ! » Réalisant ce qu’elle pensait, Alexia secoua la tête.
« Elle n’est pas à toi non plus, banane ». Puis elle se tapa le front de la main. « Mais à quoi je pense, moi ? Je ne suis pas gay ! Il faut que j’arrête de penser ainsi. C’est juste de la reconnaissance, rien d‘autre que de la reconnaissance… »

En la voyant s’agiter ainsi, Enyalios se demanda si la gamine n’avait pas prit un coup sur la tête. C’est ce moment que choisit She-wolf pour revenir.

- Ca a été ? s’enquit-il

- Ouais. On peut parler normalement et même camper cette nuit si on veut. Ils sont vraiment très loin. Je ne sais pas ce que tu as mit en place mais ça à été super efficace, fit-elle admirative.

- T’inquiète bébé, je t’apprendrais ça un jour, assura-il avec son sourire canaille.

A chaque fois qu’il souriait ainsi, She-wolf ne pouvait s’empêcher d’être amusée. Elle secoua la tête et se tourna vers Alexia. Celle-ci la fixait d’un air froid, ce qui lui fit froncer les sourcils de perplexité.

- Ca vous va si on avance jusqu'à la nuit tombée ?

Alexia hocha la tête et accepta la ration et le fruit que lui tendit She-wolf avant de se remettre à marcher. Elle ne se comprenait plus. Quand elle avait entendu Enyalios appelé She-wolf bébé, la jalousie qu’elle avait ressentie un peu plus tôt était revenue en force.

Elle dû se rendre à l’évidence, elle n’était pas gay, ok, mais ce qu’elle ressentait à l’égard de la grande femme était tout sauf de la reconnaissance. Elle se tourna furtivement vers elle et croisa son regard. Elle se sentit happée et détourna bien vite les yeux. Ok, elle était attirée par elle, et pas qu’un peu ! Mais à quoi cela lui servait-il de le savoir ?!

She-wolf n’était de toute évidence pas célibataire et quand bien même elle le serait, elle n’avait pas l’air de s’intéresser à elle sur ce plan là. C’était rageant. Elle rencontrait enfin quelqu’un qui faisait battre son cœur et non seulement c’était une femme mais en plus déjà casé !

Elle serra les poings et respira à fond plusieurs fois. Elle allait devoir en prendre son partie, d’autant qu’elles n’avaient rien en commun. Elle ne voyait pas ce qu’elles auraient pût se dire. Elles venaient de deux mondes différents. Elle était une héritière et She-wolf était mercenaire. Même pas un soldat, non une mercenaire. Elle se vendait au plus offrant ! Une fois de retour chez elle, tout rentrerait dans l’ordre et elle l’oublierait sûrement très vite. Ce n’était probablement qu’une foutu passade.

Perdue dans ses pensées, Alexia ne vit pas le jour décliné puis la nuit tomber.

C’est Enyalios qui la tira de sa rêverie en lui touchant le bras. Il lui expliqua qu’ils s’installeraient là pour la nuit.
Alexia regarda autour d’elle avec une horreur grandissante. « C’est ici qu’ils comptaient la faire dormir ?! Sur le sol ?! Près des insectes ?! » Elle croisa le regard agacé de She-wolf. Et se sentit mortifiée lorsque celle-ci lui installa une couverture supplémentaire qu’elle arrangea de manière à ce que cela soit plus confortable pour elle.

Honteuse de sa réaction, elle garda la tête baissée, jusqu'à ce qu’un souffle lui chatouille son oreille.

- Tu as bien le droit à quelques petites réactions outrées princesse. Tu n’as pas l’habitude et cela fait plusieurs jours que tu es traitée durement.

Cette absolution la soulagea et l’agaça tout à la fois. Elle se fichait de ce que pensaient les gens de son attitude habituellement ! Mais malgré elle, ce fut le soulagement qui l’emporta. Elle releva la tête et sourit timidement à sa vis-à-vis. Celle-ci lui retourna un sourire franc qui la chamboula jusque dans l’estomac. Elle mit une main sur celui-ci et au même moment un fort grognement retentit qui la fit rougir de plus belle.

She-wolf sourit et lui tendit de la viande et des fruits. Elle fit de même avec Enyalios et entama sa propre part.

- J’ai une question Alexia si tu le permets.

- Bien sûr.

- Comment se fait-il que tu sois encore en vie ?

- Je ne comprends pas.

- Ca fait 5 jours que ta rançon à été versée et récupérée, pourquoi étais-tu encore entre leur main ?

- Oh ça. Au moment du retour de la rançon dans ce pays, ils semblent avoir été repérer par un de leur ennemi. La rançon à été interceptée par lui. Apparemment ils avaient peur de bouger et de signaler leur position et ils se sont retrouvé coincé ici et moi avec. Ils débattaient de ce qu’ils devaient. Redemander une rançon ou se débarrasser de moi.

- On n’a donc aucun souci à se faire. Ils croient probablement que nous étions des hommes à à cet ennemi. Sûrement Sassem s’il avait peur de bouger. Tu pourras même leur proposer une collaboration finalement, déclara Enyalios en regardant Enyo.

- On verra. Tu as été maltraité ? reprit-elle en se tournant vers Alexia.

- Non, mais ils étaient menaçant.

- Pourquoi t’ont-ils amenés les repas aux heures grecques ?

- Sûrement pour que je ne sache pas ou je me trouve. Ainsi je ne pouvais pas les dénoncer.

« Pourquoi je n’y ai pas pensée ?! C’est très intelligent… » songea She-wolf un peu irritée.

En la voyant les yeux dans le vague, Alexia décida de faire définitivement oublier l’incident de la couverture en la divertissant.

- Je peux vous raconter des histoires si vous voulez, lança-elle.

- Des histoires ? répéta She-wolf surprise.

- Pourquoi pas… accepta Enyalios, y’a rien d’autre à faire.

- Bien.

Elle réfléchit et se décida pour une histoire sur les loups. Ca allait bien avec le contexte.

- C’est une histoire amérindienne sur les loups. Elle se nomme le Cil du loup.

Si tu ne vas pas dans les bois, jamais rien n'arrivera, jamais ta vie ne commencera.

- Ne vas pas dans les bois, disaient-ils, n'y va pas.
- Et pourquoi donc ? Pourquoi n'irais-je pas ce soir dans les bois ? Demanda-t-elle.
- Dans les bois vit un grand loup, qui mange les humains comme toi.
Ne va pas dans les bois, n'y va pas.
Bien sûr, elle y alla. Elle alla malgré tout dans les bois et bien sûr, comme ils avaient dit, elle rencontra le loup.
- On t'avait prévenue, fit le chœur.

- C'est ma vie, pauvres noix, rétorqua-t-elle. On n'est pas dans un conte de fées.
Il faut que j'aille dans les bois.
Il faut que je rencontre le loup, sinon ma vie ne commencera jamais.
Mais le loup qu'elle rencontra était pris dans un piège. Dans un piège était prise la patte du loup.

- Viens à mon aide, viens à mon secours ! Aïe, aïe, aïe ! S'écria le loup.
Viens à mon aide, viens à mon secours et je te récompenserai comme il se doit.
Car ainsi font les loups dans ce type de contes.

- Et comment serais-je sûre que tu ne vas pas me faire mal ?
Interrogea-t-elle - c'était son rôle de poser des questions.
Comment serais-je sûre que tu ne vas pas me tuer et me réduire à un tas d'os ?

- La question n'est pas la bonne, dit ce loup-ci. Tu dois me croire sur parole.
Et il se remit à gémir et à crier...

Oh, là, là ! Aïe, aïe, aïe !
Belle dame,
Il n'y a qu'une question qui vaille,
Ououououououh…

- C'est bien, le loup. Je prends le risque. Allons-y !
Et elle écarta les mâchoires du piège. Le loup retira sa patte, qu'elle pansa avec des herbes et des plantes.
- Oh, merci aimable dame, merci, dit le loup, soulagé.

Et, parce qu'elle avait lu trop de contes d'un certain type, le mauvais, elle s'exclama :
- Allons, finissons-en. Tue-moi. Maintenant.

Mais ainsi le loup ne fit-il pas. Pas du tout. Il posa la patte sur son bras.
- Je suis un loup qui vient d'ailleurs, un loup qui vient d'un autre temps, dit-il.

Et il s'arracha un cil, puis le lui offrit en disant :
- Sers-t'en avec discernement.

Désormais, tu sauras qui est bon et qui ne l'est guère ;
il te suffira de voir par mes yeux pour voir clair.
Tu m'as permis de vivre,
Et pour cela,
Je t'offre de vivre ta vie comme jamais tu ne le fis.
Souviens-toi, belle dame,
Il n'y a qu'une question qui vaille
Ououououououh…

Ainsi revint-elle au village,
Ravie d'être encore en vie,
Et cette fois, quand ils disaient " Reste ici, marions-nous "
Ou " Fais ce que je te dis "
Ou " Dis ce que je te dis de dire,
Surtout n'aie aucun avis "
Elle portait à son œil le cil du loup,
Et voyait à travers lui,
Leurs véritables motivations,
Comme elle ne l'avait jamais fait.

Alors quand le boucher,
Posa la viande sur la balance,
Elle vit qu'il pesait son pouce avec.
Et quand elle regarda son soupirant
Qui soupirait " Je suis parfait pour toi "
Elle vit que ce soupirant-là,
N'était même pas bon à quoi que ce soit.
De sorte qu'elle fut à l'abri,
Sinon de tous les malheurs du monde,
Du moins d'une grande partie.

Plus encore : non seulement cette nouvelle façon de voir lui permit de distinguer le cruel et le sournois,
mais son cœur ne connut plus de limites,
car elle regardait tout un chacun et l'évaluait grâce au don du loup qu'elle avait sauvé.

Et elle vit les gens de bonté vraie,
Et elle s'en approcha,
Elle trouva le compagnon,
De sa vie et resta près de lui,
Elle distingua les êtres de courage,
Et d'eux se rapprocha,
Elle connut les cœurs fidèles,
Et se joignit à eux,
Elle vit la confusion sous la colère,
Et se hâta de l'apaiser,
Elle vit l'amour briller dans les yeux des timides,
Et tendit la main vers eux,
Elle vit la souffrance des collets montés,
Et courtisa leur sourire,
Elle vit le besoin chez l'homme sans parole,
Et parla en son nom,
Elle vit la foi luire au plus profond,
De la femme qui la niait,
Et la raviva à la flamme de la sienne.

Elle vit tout,
Avec son cil de loup,
Tout ce qui était vrai,
Tout ce qui était faux,
Tout ce qui se retournait contre la vie,
Et tout ce qui se tournait vers la vie,
Tout ce qui ne peut se voir,
Qu'à travers le regard,
Qui évalue le cœur avec le cœur,
Et non à la seule aune de l'esprit.
C'est ainsi qu'elle apprit que ce que l'on dit est vrai, le loup est le plus avisé de tous.

Et si vous prêtez l'oreille, vous entendrez que le loup, lorsqu'il hurle, est toujours en train de poser la question la plus importante.

Non pas " Où est le prochain repas ? ",
Ni " Où est le prochain combat ? ",
Ni " Où est la prochaine danse ? "
Mais la question la plus importante pour voir à l'intérieur, pour voir derrière,
pour estimer la valeur de tout ce qui vit,

Ououououououh…
Ououououououh…
Où est l'âme ? Où est l'âme ?

Va dans les bois, va.
Si tu ne vas pas dans les bois, jamais rien n'arrivera,
jamais ta vie ne commencera.
Dans les bois, va
dans les bois, va
dans les bois, va

( poème prit sur le site de louve blanche)

Alexia enfin se tut.

Enyalios frappa dans ses mains impressionné. Il avait été emporté sans même s’en apercevoir.

- Magnifique… lâcha She-wolf. Je ne connaissais pas cette histoire. Merci.

Alexia lui fit un grand sourire. C’était la première fois qu’elle racontait une des nombreuses histoires qu’elle emmagasinait depuis des années et elle se rendait compte à présent qu’elle adorait les conter à haute voix.

- J’ai une histoire sur une curiosité d’ici, si ça vous tente, fit-elle en baillant.

-Ca me tente, mais je pense qu’il vaut mieux dormir. Tu nous la raconteras demain, en chemin, proposa-elle.

- Ok, acquiesça Alexia en baillant encore.

Tout trois s’allongèrent alors autour du feu, créé plus tôt par Enyalios.

Longtemps après avoir perçut les respirations endormit de ses compagnons, She-wolf resta éveillée, contemplant le ciel étoilé. Elle pensa à poser des questions sur Alexia à ses parents, mais par lâcheté ou inutilité elle y renonça et préféra jouer avec eux. Elle finit par s'endormir au milieu d'une pensée et rêva d'une ancienne ou tout était facile et ou deux yeux verts lui souriaient.
 

_________________
« Vous pouvez m'enfermer et jeter la clé, mais vous ne m'enlèverez jamais la plus grande des libertés, mon imagination. »
(Reprise de la série Bad Girls)

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MessagePosté le: Mar 29 Mar - 08:29 (2011)    Sujet du message: Sassem by Honey Répondre en citant

Chapitre 5 :

Le lendemain, She-wolf fut la première à se réveiller. Le soleil n’était pas encore levé et elle en profita pour observer les visages de ses compagnons. Elle appuya sa tête sur sa main en s’allongeant sur le côté. Enyalios était juste en face d’elle.

Dans la vie c’était un homme d’action, toujours joyeux et extrêmement énergique. Dans son job de mercenaire, il était brillant et parfois inspiré et dans les assauts, mêlée et escarmouche il ressemblait à un prédateur. C’était dans ses moments là qu’elle le trouvait le plus attirant. Il dégageait alors une énergie animale qui l’excitait.

Mais là dans le sommeil, il ressemblait seulement à un adolescent qui aurait grandit trop vite. Il était si différent lorsqu’il dormait… si jeune, comme si sa vie n’était qu’un vaste rêve dans lequel il ne faisait que passer. Cela lui rappela le temps ou elle vivait avec lui, au début de son apprentissage. Cette vie là ne lui manquait pas, se rendit-elle compte. Elle préférait être seule, mais cela avait été une étape nécessaire et elle ne la regrettait pas. Elle l’observa encore un peu avant de se tourner vers Alexia.

Elle semblait encore plus jeune qu’elle ne l’était mais étrangement aussi, plus femme. Elle avait un air sérieux et attentif. C’était curieux… peut-être rêvait-elle ? Ses cheveux auburn étaient étalés autour de son visage. Elle se tourna soudain vers elle et une mèche retomba sur sa joue et s’arrêta au coin de ses lèvres. Des lèvres aux courbes douces qui invitaient aux baisers.

Agacée par le tour que prenaient ses pensées, elle ferma les yeux en se mordant la lèvre et se laissa retomber sur le dos. Elle rouvrit les yeux et scrutant le ciel nocturne elle repensa à son rêve et surtout à l’apparition des yeux verts dans un univers ou ils n’avaient pas leur place, puis soupira. Elle avait besoin d’une douche froide.

Elle se leva et disparu au milieu des arbres. Elle marcha un peu puis s’arrêta et écouta. Après quelques minutes elle perçut le bruit caractéristique de l’eau qui coule. Elle prit résolument la direction du ruissellement, non sans prendre des repères pour pouvoir revenir.

Lorsqu’elle revint au campement, le soleil avait entamé sa lente escalade dans le ciel. Enyalios était déjà debout et préparait le petit déjeuner. Elle le salua d’un hochement de tête et se dirigea vers Alexia. Elle s’agenouilla devant elle et lui secoua doucement l’épaule pour la réveiller.

Alexia émergea doucement, elle vit tout d’abord deux yeux d’un magnifique bleu qui la firent sourire. Puis elle perçut la main sur son épaule et la chaleur de celle-ci qui la pénétrait. Pour mieux en profiter elle ferma à demi les yeux et observa le visage de son interlocutrice.

C’était la première fois qu’elle la voyait vraiment. Le visage débarrassé du cirage noir et les cheveux lâche et mouillée, elle était à tomber. Ses traits étaient fins et réguliers. Elle avait un port de reine, fière et forte. Elle n’avait jamais vu de sa vie, une femme aussi belle… La main finit par quitter son épaule et la chaleur avec elle. Elle s’étira, déçue et la vit se lever. Elle fit de même et la suivit près du feu.

Ils prirent leur petit déjeuner en silence, puis rassemblèrent leur affaire avant de reprendre la route. Alexia aurait bien aimée se laver mais d’une part elle n’osait pas demander, les deux mercenaires l’impressionnaient trop, et d’autre part, elle se doutait que l’eau aurait été froide. Et elle et l’eau froide… n’était pas très amie.

Après quelques heures de marche, She-wolf prit la parole.

- Hier tu as dit que tu nous raconterais une histoire sur une curiosité d’ici.

Alexia sourit de joie, She-wolf réclamait une de ces histoires !

- Oui. C’est sur une oasis des pays chaud qui est mystérieusement apparut ici dans ces terres froides.

- Oh !

- Qu’est-ce qu’il y a ?

- Je l’ai vu.

-Vraiment ?

She-wolf hocha la tête.

- Je m’y suis même baignée.

- Alors ça ! s’exclama-elle soufflée. Tu en as de la chance ! Et dire que j’étais à côté…

Elle secoua la tête, puis reprit le fil de son histoire.

- La légende dit qu’il y a bien longtemps un dieu du Nord en visite dans les pays chaud tomba amoureux d’une divinité du désert. Il lui rendait visite aussi souvent qu’il le pouvait. Mais la déesse n’était pas libre, elle devait épouser un autre dieu. C’est pourquoi, lors de ces visites, ils partaient tout les deux dans le désert pour se promener. Ils finirent par tomber sur une oasis si belle et si isolée qu’ils décidèrent de s’y retrouver à chaque nouvelle lune pour s’y aimer à l’abri des autres dieux. Malheureusement le jour du mariage de la déesse finit par arriver et la déesse dû se résoudre à mettre fin à leur liaison. Lors de leur dernière rencontre elle lui offrit comme cadeau d’adieu leur oasis, lieu de leur amour. Ils le transportèrent ensemble sur les terres qu’il gouvernait et c’est là-bas, sous le ciel étoilé qu’ils s’aimèrent pour la dernière fois.

- C’est très beau, dit She-wolf malgré elle.

Elle ajouta très vite.

- Et tu racontes vraiment très bien.

-C’est vrai ?

- Ouais c’était pas mal… acquiesça Enyalios.

- Mais ça n’explique pas vraiment la présence de cet oasis.

- Si l’on croit en l’existence des dieux, si.

- Tu y crois ?

- Peut-être, fit-elle avec un petit rire cristallin qui fit frissonner She-wolf. J’en connais d’autre si ça vous dit.

- Ca aurait été sympa, fit soudain Enyalios, mais nous arrivons.

Ils venaient de déboucher dans une clairière et Enyalios sortit une radio de son sac à dos. Il l’alluma et indiqua en morse au pilote qu’il pouvait atterrir au point convenu. Le pilote lui répondit de la même manière.

- Il va mettre un peu de temps avant d’arriver. Il a dût se poser de façon légal dans un aéroport pour ne pas se faire repérer, fit-il aux filles en revenant. Je vais aller voir si nos amis ne se sont pas trop rapprochés.

Pendant ce temps She-wolf fit signe à Alexia de s’assoir et elle partie en quête de baie sauvage.

Lorsqu’elle revint, elle stoppa à la lisière de la forêt et contempla pour la dernière fois Alexia. « Heureusement qu’elles se quittaient aujourd’hui » pensa-elle. Leur histoire n’aurait mené à rien. Il n’y avait pas de place pour ça dans sa vie. Sa raison d’être était la destruction de Sassem et de son univers. Jamais elle n’aurait renoncé à son existence actuelle et elle voyait bien qu’Alexia n’aurait jamais pût s’adapter à son mode de vie. Et avait-elle vraiment envie de mettre en danger une personne aussi innocente ?

Soudain elle fronça les sourcils. « Mais à quoi je pense ?! On n’est pas ensemble et je doute qu’elle soit gay vu sa réaction lorsqu’Enyalios lui à fait son numéro dans la caverne. Alors pourquoi je pense à elle comme si une relation sérieuse était possible entre nous ? En plus ce genre de relation ne m’intéresse vraiment pas… » se dit-elle en secouant la tête.

Elle regarda les baies qu’elle venait de cueillir et leva les yeux au ciel. « Je les aient cueillis pour elle… parce que j’ai vu hier qu’elle semblait vraiment les apprécier. Tu veux lui faire bonne impression hein ? » songea-elle dégoûtée d’elle-même.

Elle sortit du bois et se dirigea vers Alexia. Elle laissa tomber les baies à ses pieds sans dire un mot et s’appuya contre le tronc d’arbre à côté. Elle croisa les bras et regarda droit devant elle, refusant de voir la réaction de la jeune fille.

Alexia vit les baies surgirent brutalement devant elle et sourit comme une enfant. Elle adorait ça ! Elle leva la tête pour remercier sa compagne mais celle-ci fixait obstinément la forêt l’air sombre. Qu’avait-elle ? Elle haussa les épaules et lui jeta un timide merci puis entreprit de profiter de l’aubaine. Elle les dégusta tout en regardant du coin de l’œil sa bienfaitrice. C’était si gentil à elle, de lui en avoir amené…

Enyalios apparu peu avant que l’on entende le bruit des pâles d’hélicoptères. Il s’approcha de She-wolf et lui murmura quelque chose. Elle hocha la tête et partit ramasser les sacs laissé plus loin. Ils montèrent à bord quelques minutes plus tard. Alexia était assise à côté d’Enyalios et en face de She-wolf.

Elle sentait qu’elle ne reverrait plus She-wolf une fois de retour chez elle et elle était partagé entre le soulagement face un changement auquel elle ne se sentait pas capable de faire face et la panique à l’idée d’en être privé. Elle essaya plusieurs fois de parler, de trouver quelque chose à dire qui ferait la différence, qui ferait que She-wolf ne l’oublierait pas et peut-être souhaiterais la revoir, mais elle ne trouva rien.

Et c’est pleine de confusion qu’elle vit l’héliport de son père apparaître.
Elle n’arrivait pas à croire qu’ils avaient fait autant de chemin en hélicoptère aussi vite. Elle se tourna vers She-wolf mais la question qu’elle voulait poser dût se lire sur son visage, car elle y répondit sans qu’elle n’ait eut besoin d’ouvrir la bouche.

- C’est un hélicoptère de combat. Il est prévu pour ce genre de cas.

Elle hocha la tête et sentit l’hélicoptère toucher le sol. Elle n’eut que le temps d’ôter sa ceinture avant d’être littéralement happé par deux bras forts. Son père la serra contre lui à l’étouffer, heureux de la retrouver vivante. Elle s’abandonna à son étreinte contente de retrouver la chaleur familière de ses bras. Puis le repoussa gentiment en disant :

- Papa je ne sens vraiment pas très bon.

- Et alors ? Tu restes ma fille, tonna-il.

Elle le serra contre elle en souriant et s’écarta de l’hélicoptère afin de laisser sortir les deux mercenaires.

- Vous êtes revenue finalement ? fit M. Stefanos surprit en voyant She-wolf descendre de l’hélicoptère.

- Je n’avais pas trop le choix en fait. Ils étaient plus nombreux que prévu.

- Alors vous me feriez un immense honneur en acceptant de vous joindre à nous pour le dîner, fit-il tout à sa joie des retrouvailles avec sa fille.

- Je vous remercie mais j’ai malheureusement à faire et je dois partir.

- Moi je n’ai rien à faire ! s’exclama joyeusement Enyalios. J’accepte votre invitation avec plaisir M. Stefanos !

En entendant la réponse de She-wolf, Alexia replongea dans son état de confusion ou le soulagement le disputait à la panique. Ils se dirigèrent tout quatre vers l’ascenseur. Alexia, son père et Enyalios s’arrêtèrent au quatrième et c’est ici que la séparation se fit car She-wolf descendait au sous-sol ou M. Stefanos avait mit une voiture à sa disposition.

Les adieux furent brefs et Alexia vit avec regret les portes se refermés sur elle. Elle croisa son regard une fraction de seconde avant la fermeture complète et se laissa tomber dans les eaux profondes de ces yeux. L’acier brillant des portes remplaça trop vite leur couleur particulière et Alexia ferma les yeux un instant, plus secouée qu’elle ne l’avait imaginée par cette séparation. Elle prit une courte inspiration et s’intima l’ordre de se reprendre. « Il n’y a que toi qui soit bouleversée ma grande, She-wolf n’en avait rien à faire de toute évidence. Tu n’étais qu’un contrat de plus, une mission accomplie… rien d’autre, alors qu’attendais-tu d’elle ? ». Alexia finit par fermer son esprit, autant à ces questions incessantes qu’à ses sentiments contraires, et rejoignit son père et Enyalios dans le salon.


Quelques jours plus tard, She-wolf était allongée sur son lit, dans une des nombreuses planques qu’elle possédait. Celle-ci était située en Inde, dans un petit village non loin de Nagpur. Sa planque était une maison faite de bois à l’écart du village et des routes. Sans être invisible, elle était passe partout et juste assez isolée pour qu’on pense qu’un ermite y vivait.

Un téléphone vissée à l’oreille, elle discutait en Japonais avec un de ses indics et le menaçait de venir faire un petit tour au Japon s’il ne bougeait pas rapidement ses fesses pour lui trouver des infos fiables. Elle mit fin à la « conversation » en décrivant avec moult images, l’état dans lequel il retrouverait ses parties si elle n’avait pas de nouvelle fraîche d’ici la fin de la semaine.

She-wolf souffla afin de chasser son énervement et reposa son portable sur le lit dont elle se leva. Elle s’étira satisfaite de la façon dont elle avait utilisé l’heure, à menacer différentes personnes autour du monde. Elle avait passé les derniers jours à chercher des informations sur Sassem et ses projets et à s’entraîner.

Elle était passablement énervée, aucune info sur Sassem n’était sérieuse, et incroyablement frustrée, elle ne cessait de voir surgir le visage d’Alexia au moment les plus incongrus. N’ayant rien d’autre à faire qu’attendre, elle prit la décision de s’occuper de sa libido.

Se dirigeant vers son armoire, She-wolf inspecta son contenu et dénicha ce qu’elle voulait. Un sarong d’un rouge profond qu’elle posa sur une chaise près d’un bac. Elle le rempli avec de l’eau chaude qu’elle avait mit à chauffer avant de commencer son marathon téléphonique. Elle alla ensuite à la porte, l’ouvrit, attrapa un seau qui se trouvait là et se dirigea vers le puit.

C’était un puit rudimentaire qu’elle avait conçu et creusé elle-même quelques années auparavant. En arrivant ici pour y installer un de ces points de replis, elle avait vite comprit en regardant les habitants se laver et laver leur vêtement dans la rivière que si elle voulait de l’eau propre elle devrait s’en procurer elle-même.

Elle plongea le seau, suspendu à un crochet, dans le puit et le remonta. Elle rentra dans la maison avec puis versa son contenu dans le bac. Elle renouvela l’opération jusqu’à ce qu’elle soit satisfaite de la température de l’eau puis se déshabilla et s’immergea avec délice dans le bain. Elle y resta un long moment.

Lorsqu’elle en sortit enfin, elle était détendue comme un élastique. Elle se couvrit d’huile parfumée, s’habilla et se coiffa avec soin. Ses cheveux étaient torsadés et tirés sur sa tête comme des demi-tresses africaines. Le reste de sa chevelure pendait librement dans son dos. Elle mit une touche de noir autour de ses yeux et de rouge sur ses lèvres. Elle s’inspecta et se trouva, sans fausse modestie, à tomber.

Elle sortie de chez elle et se dirigea pied nu, rare étaient les gens qui avaient ou mettaient des chaussures dans ce pays, vers son 4x4. Elle avait l’intention de se rendre à Nagpur pour trouver une boîte bi qui lui permettrait de relâcher toute la tension sexuelle qui l’habitait depuis quelques temps.

Elle sentait déjà son corps s’échauffer en prévision. Elle se lécha les lèvres et appuya sur l’accélérateur.

De son côté Alexia, pensait si souvent à She-wolf qu’elle en oubliait le monde autour d’elle. La première nuit, elle avait très peu dormi, trop de mauvais souvenirs, de peur et d’angoisse l’avaient tenu éveillées. La seule chose qui la calmait lorsque cela se faisait trop sentir était l’image de She-wolf. Au petit matin elle avait comprit qu’elle ne l’oublierait pas de sitôt.

Cela faisait plusieurs jours qu’elle était revenue maintenant et si la peur et les mauvais souvenirs s’estompaient quelque peu, l’image de She-wolf, elle, hantait toujours ses rêves. Elle soupira revenant au temps présent et vit Linya s’assoir à sa table.

- Tu en ou ? s’enquit-elle.

- De quoi parles-tu ? demanda Alexia les sourcils froncés.

Linya soupira et se repoussa dans sa chaise. Elle secoua la tête et reprit la parole :

- Ou est-on ?

- Au Waldorf, répondit-elle sans voir ou son amie voulait en venir.

- Dans quel pays ?

- En Amérique… fit Alexia de plus en plus perplexe.

- Ou était-on hier ?

- En Grèce.

- Pourquoi est-on ici aujourd’hui ?

- Ca t’ennuierais d’en venir au fait Linya ?

- Répond à ma question.

- On prépare la soirée de bienfaisance en faveur de l’association Lyoko, répondit-elle agacée.

- Et qu’avais-tu à faire aujourd’hui ?

Alexia qui comprenait enfin le but de cet interrogatoire, eut un petit sourire embarrassée.

- Humm… je devais faire une première version de la liste des invités, désolée.

- Ce n’est pas grave, je sais ce que tu as traversés et combien le retour à la vie normale peut-être dur. Fais voir ou tu en es, je vais t’aider.

- Merci, tu es une vraie amie, fit-elle en lui prenant la main. Mais…

- Mmmm ?

- C’est…ce n’est pas…

Alexia soupira.

- Ce n’est pas facile à dire, je…

- Tu sais que tu peux tout me dire, hein ? demanda Linya avec tendresse.

-Je sais… répondit-elle avec un petit sourire.

Elle prit une grande inspiration et se lança.

- Ce n’est pas simple, parce que je ne suis même pas sûre de ce que je ressens. Ca n’a pas vraiment à voir avec ma détention, plus avec mon sauvetage. C’est la personne qui m’a ramené. Je…je crois qu’elle m’attire. Je n’arrête pas de voir son visage, son sourire, d’entendre sa voix. Ca me perturbe.

- J’avais remarqué oui, fit Linya avec un petit rire. Vu les symptômes que tu me décris, j’adhère à ta théorie ma chérie, il t’attire, c’est sûr ! Il est plutôt beau gosse, alors je ne vois pas ou est le problème…

- Euh… je…

- C’est vrai que c’est un mercenaire, mais il avait l’air sympathique, la coupa-elle.

Manifestement Linya pensait qu’elle avait craqué pour Enyalios. Avait-elle envie de la détrompée ? C’était sa meilleure amie… Alexia lui attrapa la main et la serra légèrement pour attirer son attention.

- Tu n’as pas saisie, Linya. Je… ce n’est pas d’Enyalios dont je te parle.

- Qui alors ? Il n’y avait que lui et sa collègue…euh… Enyo je crois ?

Puis soudain elle écarquilla les yeux, comprenant.

- C’est elle ? souffla-elle.

Alexia hocha la tête. Linya digéra la nouvelle puis reprit.

- Ok, alors… elle t’attire. Ou est le problème ?

- Euh… c’est…c’est une fille !

- Une femme.

- Hein ?

- Une femme pas une fille. C’est déjà une sacrée différence. Ensuite : et alors ?

- Je… je… c’est une mercenaire…

- Et ?

- Comment veux-tu que je la retrouve ? Elle a quitter la Grèce il y a plus d’une semaine !

- Tu as pensé aux détectives privés ? Y’en a au mètre carré dans ce pays ! Tu vas bien un trouver qui te convienne.

- Tu… tu penses que je devrais la retrouver ? Même si elle ne s’intéresse pas à moi ?

- Ecoute manifestement elle t’a charmée, alors tu dois mettre les choses au clair, ne serait-ce que pour toi. Mais méfie-toi, c’est une mercenaire, tuer doit faire partie de son quotidien. Tu ne préfèrerais pas que je te présente des amies à moi plutôt ?

- Pour quoi faire ?

- Etre sûr que tu es gay…

- Je ne suis pas gay !

- … Alexia, commença doucement Linya, ca n’a rien d’amorale… il ne s’agit que de plaisir ou d’amour. Ca n’a rien de pervers… c’est dans notre nature de rechercher l’un ou l’autre.

- Et pourquoi pas les deux ? plaisanta-elle mal à l’aise.

- C’est l’idéal. Mais comme tout ce qui l’est, c’est rare. Essaie au moins… tu sauras à quoi t’en tenir lorsque tu la reverras.

- Je… vais y réfléchir. Et si on passait à la liste maintenant ? Elle ne va pas se faire toute seule.

- Malheureusement. Alors à qui as-tu pensé ?

- J’ai mis Algorea, McIntyre, la famille Royale d’Egypte qui est de passage, les stars de cinéma du pays, celle qui donne le plus régulièrement aux associations, précisa-elle, et les Hiltoness.

- Eh ben tu n’es pas allé très loin ! Hum… j’ai entendu dire que Sassem serait dans le coin, fit-elle après quelques secondes de réflexions.

- Ca me dit quelque chose…

- C’est la cinquième fortune mondiale, chérie. Propriétaire de la première boîte de traitement et stockage informatique du monde, des établissements Endssorts, de la chaîne de restaurant Mogdorf, de…

- C’est bon, j’ai compris… c’est un bon pigeon !

- Tu as une façon de dire les choses ! C’est un donateur potentiel, oui…un gros.

Elles discutèrent ainsi des clients et de toutes ses choses qui leur fallait encore faire pour réussir la soirée, pendant plusieurs heures.


En Inde :

She-wolf était en plein cauchemars. Elle se débattait contre un des démons de son passé.

Elle avait à nouveau quatre ans. Elle était assise, avait mal à la tête et était couverte de sang.

Sa mère était allongée sur le ventre, ses yeux bleus étaient ouverts sur le néant. Sa bouche laissait s’écouler un mince filet de sang. Elle hurla devant son regard vide et tourna la tête vers son père pour trouver du réconfort. Mais celui-ci, un petit trou dans le front, fixait la lune. Elle hurla de plus belle ne sachant plus vers qui se tourner. Elle voulu se relever mais tout ce sang la rendait maladroite. Alors elle se mit à quatre pattes et avança ainsi le plus vite possible.

Une fois assez loin, elle se mit sur ses pieds et s’élança. Après quelques pas elle glissa sur une flaque de sang et s’écrasa contre un petit corps. Elle ferma les yeux en reconnaissant son odeur. Il était froid. Elle savait qu’il était mort et que si elle ouvrait les yeux, elle verrait les siens fermés pour toujours. Elle se mit à sangloter et serra ses petits poings de rage. Elle ne voulait pas ouvrir les yeux, elle ne voulait pas le voir mort ! Pourquoi lui ?! Il était si petit ! Il ne faisait de mal à personne !

Elle se redressa tant bien que mal gardant les yeux clôt. Elle avait envie de se lever et de partir aussi vite et aussi loin qu’elle le pourrait sans jamais ouvrir les yeux. Car tant qu’ils resteraient ainsi, Ximenon resterait en vie. Mais elle ne pouvait pas lui faire ça… il méritait mieux. Alors elle ouvrit les yeux, lentement, comme pour se laisser le temps de s’habituer. Et son regard tomba sur son petit corps.

Il avait l’air endormit… il avait même ce petit air chiffonné qu’il prenait lorsqu’on le réveillait et qu’il voulait encore se reposer. Il était étendu sur le dos. C’était étrange… le sang s’écoulait de sous lui et formait une flaque sur le sol. Une empreinte de pied, la sienne, avait souillée la surface nette du liquide. Elle revint au visage de son frère et porta la main à sa joue. Elle y laissa une traînée de sang. Fixant celle-ci, elle y porta son autre main pour l’effacer mais ne réussit qu’à l’étaler. Les larmes commencèrent à couler malgré elle et elle se dit que ce n’était pas grave, le rouge était la couleur préférée de Ximenon, alors cela ne le dérangerait pas…

Mais ses yeux ne voulait rien entendre et continuaient de laisser s’échapper les larmes. De long et déchirant sanglot la secouèrent bientôt et elle s’effondra sur le corps sans vie de son petit frère. Elle ne pouvait plus nier la réalité : Ximenon était mort.

Un long moment s’écoula ainsi, puis une ombre la surplomba et deux bras fort l’encerclèrent. Elle fut soulever du sol et entendit :

- Ne pleure petite. Une nouvelle vie t’attend.

Avec un sentiment de panique incontrôlable, elle comprit que cet homme qui l’emmenait loin de son frère ne lui voulait pas du bien. Il l’emporta au loin et figée par la peur, le chagrin et l’impuissance, elle le laissa faire.

Et sa vie devint un enfer.

She-wolf se réveilla en sursaut, la sueur et les larmes coulant sur son visage. Elle lâcha un gémissement et se recroquevilla. Elle laissa la réalité la tirer de ce rêve qui n’en était pas un et revint lentement dans le monde réel. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas rêvé un souvenir. Ximenon… Pourquoi était-ce aussi douloureux ? Il n’avait que 2 ans et demi. C’était trop court pour s’attacher autant à un être. Et pourtant… chaque jour qui passait, elle pensait à lui… à ce qui aurait dû être. Pourquoi l’avaient-ils gardé en vie ? Pourquoi ne pas la tuer comme le reste de sa famille ?

She-wolf se leva et alla se servir un verre d’eau. Peut-être n’aurait-elle pas dû satisfaire sa libido. Depuis qu’elle l’avait fait, les cauchemars étaient de retour. Chaque jour un peu plus fort, plus effrayant. Elle préférait, et de loin, rêver des beaux yeux verts d’une presque inconnue.
Elle soupira puis baissa la tête. Se perdre dans la luxure n’était pas la solution, elle le savait. Elle devait faire face. Mais c’était si dur…

She-wolf se mordit la lèvre puis s’installa devant la fenêtre. Peut-être que jouer avec ses parents la calmerait. Elle sortit de la maison et alla s’allonger dans l’herbe un peu plus loin. Elle passa quelques minutes à contempler les étoiles. Lorsqu’elle sentit les battements de son cœur retrouver un rythme normal, elle commença à jouer.

Alors qu’elle allait s’endormir dans l’herbe, elle entendit une sonnerie. Elle provenait de la maison. Son téléphone ! Sûrement des nouvelles de Sassem. Elle bondit sur ses pieds et se rua à l’intérieur de la maison. Elle décrocha, pas le moins du monde essoufflée.

- J’écoute.

- C’est Karl.

Son interlocuteur fut bref. Il savait ou se trouverait Sassem dans deux jours. Elle l’écouta lui donner l’adresse, la date et la raison de sa présence, hocha la tête et le remercia excitée à l’idée d’être aussi proche de lui mettre la main dessus. Elle allait raccrocher lorsqu’il reprit la parole.

- Ils vont bien.

Comme à son habitude elle ne répondit rien.

- Appelle-moi si tu as besoin d’aide, reprit-il presque aussitôt.

Et sans attendre, raccrocha. Elle referma le clapet du téléphone et murmura, les yeux dans le vague comme à chaque fois qu’il les évoquait :

- Merci…

Elle finit par se reprendre et redevenant l’impassible mercenaire qu’elle était, se mit à réfléchit au moyen d’approcher Sassem sans se faire repérer.  

_________________
« Vous pouvez m'enfermer et jeter la clé, mais vous ne m'enlèverez jamais la plus grande des libertés, mon imagination. »
(Reprise de la série Bad Girls)

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Kyo
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MessagePosté le: Sam 17 Sep - 10:01 (2011)    Sujet du message: Sassem by Honey Répondre en citant

Chapitre 6 : 
 
La soirée battait son plein. Alexia était satisfaite d’avoir réussit à organiser une fête aussi réussie malgré sa distraction. Elle était plus douée qu’elle ne le pensait. Un verre de champagne à la main, elle passait parmi les convives, soit pour leur demander si tout était à leur goût, soit pour lancer une discussion sur le thème de la solidarité. Elle chauffait la salle, comme disait Linya. Elle repéra celle-ci un peu plus loin, scotchée à un prince, dont elle semblait ne plus vouloir se décoller et hésita à aller la déranger. 
 
Elle prit une petite inspiration pour se donner du courage et se décida. Au moment où elle arrivait à leur hauteur, la femme du prince apparut et entraîna son époux au loin, non sans avoir jeté un regard noir à Linya. 
 
- Je ne crois pas qu’ils répondront à notre prochaine invitation, fit Alexia en les regardant partir. 
 
Puis se tournant vers son amie. 
 
- Si tu tiens vraiment à ce que ton association dure encore de longues années, je te conseille de vérifier la main de ton prochain soupirant. 
 
- Il n’avait pas d’alliance… comment j’aurais pu deviner ? Se plaignit Linya. 
 
- Linya, tu n’es pas une invitée. Tu es l’organisatrice, tu sais qui sont tes invités. Et ne me dis pas qu’ils sont nombreux, tu as une mémoire d’éléphant. 
 
- Ok. Il était juste... si mignon, fit-elle avec un petit air triste. Mais bien sûr tu as raison… 
 
- Bon, et bien je sais ce qu’il me reste à faire. 
 
- C'est-à-dire ? 
 
- Te trouver un petit ami. Tu as l’air d’en avoir besoin. 
 
Linya prit un air outrée, et les mains sur les hanches, voulut répliquer, mais fut prise de vitesse. 
 
- Mais pas ce soir. On a d’autres choses à faire, finit Alexia dans un sourire parfaitement innocent. 
 
Linya secoua la tête et renonça à jouer les outragées. 
 
- Ton détective à des nouvelles ? 
 
- C’est un peu tôt non ? Elle pourrait être dans n’importe quel pays du monde. 
 
- Je ne comprends pas pourquoi tu t’obstines à vouloir la trouver. Elle n’est de toute évidence pas faite pour toi, vous êtes si différente. Pourquoi ne pas chercher une autre fille ? Une fille désirable ce n’est pas si difficile à dégoter. 
 
- Linya… soupira-elle. Ce n’est pas juste une femme que je désire, c’est… 
 
Alexia s’interrompit, ne trouvant pas ses mots. 
 
- Ne me dis pas que tu es amoureuse ? demanda Linya incrédule. 
 
- Mais non ! s’exclama son amie un brin irritée. C’est un peu trop court deux jours, même pour moi ! C’est juste… je ne sais pas… elle est différente et … j’ai l’impression qu’elle a besoin de moi… 
 
- De toi ? Là il faut que tu m’expliques. 
 
- Je ne sais pas quoi te dire. C’est quelque chose que je ressens. 
 
- Tu l’as ressenti là-bas ? 
 
- En fait non, c’est même le contraire. J’avais un peu l’impression d’être un boulet pour elle. 
 
- Si tu veux mon avis, tu te fais des idées. Tu veux qu’elle ait besoin de toi parce que tu veux être avec elle. 
 
- Je sais… mais j’ai appris des choses, tu sais. 
 
- De quoi tu parles ? 
 
- Pour ne plus être un boulet. 
 
- Attends, tu comptes la suivre ?! s’écria Linya. 
 
- Eh bien, si j’arrive à la convaincre… 
 
- Tu viens de me dire que tu n’étais pas amoureuse ! On ne suit pas quelqu’un juste parce qu’il nous attire ! 
 
- Pourquoi pas ? Qu’est-ce qui me retiens ici ? 
 
- Tu joues les gamines gâtées là ! s’exclama Linya au comble de l’exaspération. 
 
Elle détestait quand son amie était ainsi. 
 
- Tu t’ennuies ok, mais que ta nouvelle lubie soit de suivre une tueuse, tu m’excuseras, mais tu peux trouver autre chose ! 
 
- Arrête de dire que c’est une tueuse ! 
 
- Et pourquoi ça ? Ce n’est pas ce qu’elle fait ? 
 
Alexia ne trouva rien à répliquer et fulmina sur place. Linya s’en aperçut et posa sa main sur son bras dans un geste d’apaisement. 
 
- Excuse-moi. Je m’inquiète pour toi, tu sais... Et tu m’énerves aussi, avoua-elle. Quand tu t’ennuies tu fais n’importe quoi. D’habitude je laisse courir, mais là… Ça peut-être dangereux Alexia… Et tu ne sais rien d’elle. Si encore tu l’aimais, mais c’est juste physique ! Alors trouve-toi une autre fille ! 
 
- Je te remercie de t’inquiéter mais ce n’est pas n’importe qui. C’est la première. 
 
- La première quoi ? 
 
- La première fille qui me fait ressentir ça… et même avec les hommes ça n’a jamais été aussi fort ! Comprend-moi, j’ai besoin d’aller jusqu’au bout ! Ce n’est pas une lubie, pas cette fois… 
 
Linya la dévisagea à la recherche d’une hésitation, d’un doute, d’un défi. Mais elle ne décela que la sincérité et l’envie de savoir. Elle soupira et haussa les épaules. 
 
- Ok. Je te crois, fit-elle résignée. Et en bonne… non excellente amie que je suis, je te soutiendrai. 
 
Un sourire franc éclaira le visage d’Alexia et elle étreignit son amie avec force. 
 
- Merci. 
 
*** 
 
She-wolf était habillée en rouge car elle savait que c’était une couleur qui la sublimait. Sa robe à bretelle fine la moulait comme une seconde peau. Le bas était fendu des deux côtés, du haut de la cuisse jusqu’au pied. Ses bras et ses épaules dénudés attiraient tout autant le regard que le reste de sa personne. Ses cheveux étaient ondulés et attachés en demi-queue. Quelques mèches étaient artistiquement placées autour de son visage. 
 
Elle s’était mêlée à la foule quelques minutes plus tôt, trompant la vigilance des nombreux vigiles présents. Elle observait les invités qui déambulaient sûrs de leur pouvoir et de leur place dans le monde. Elle repéra quelques visages familiers et en reconnut certains comme étant d’anciens clients ou pigeons. 
 
Elle allait devoir faire attention si elle ne voulait pas d’ennuis. Cela dit excepté Enyalios et quelques uns de ces clients, personne ne connaissait son vrai visage. Ah et cette Alexia. Quelle idée de s’être lavé le visage ! Même Enyalios avait attendu d’être arrivé et invité à dîner pour le faire. 
 
Elle avait manqué de vigilance sur ce coup là. 
 
Elle finit par repérer Sassem et sourit d’un air carnassier. La proie était dans sa ligne de mire. Elle attrapa une coupe de champagne et le suivit. Il s’arrêta pour discuter un long moment avec différents membres de la famille Royale d’Egypte. « Intéressant... » 
 
Elle voulut s’approcher pour entendre ce qu’ils se disaient, mais fut interceptée par un homme aussi grand qu’elle, qui voulait manifestement la courtiser. Elle essaya d’abréger sans paraître discourtoise  mais loin de le décourager, son attitude semblait le ravir. Elle se demanda ce qu’elle risquait à le prendre par le collet pour le balancer contre le mur le plus proche. Il prendrait probablement ça comme une avance. 
 
Elle y renonça donc en soupirant d’impatience et à bout lui lança son regard de tueuse. Plissant les yeux à demi, elle laissa apparaître un bref instant le loup sauvage qui vivait en elle. L’inconnu écarquilla les yeux et recula d’un pas, puis secouant la tête incrédule il eut un sourire joyeux. Ce fut son tour d’être surprise. «  Dieux, ce type était débile ?! Il croyait qu’elle jouait ?! ». 
 
*** 
 
En se glissant parmi les convives, Alexia tomba en arrêt devant une apparition. Une grande femme brune, gainée dans une robe rouge sombre, les cheveux artistiquement coiffés, semblait en grande conversation avec Lord Aldright. Non… ce n’était pas une hallucination… elle était bien là. Sa sauveuse… Elle était si sublime, qu’Alexia sentit sa bouche s’assécher et ses jambes trembler. Elle déglutit péniblement et laissa sa joie de la revoir remplacer sa nervosité. 
 
Un grand sourire sur le visage, elle avança dans leur direction. Un peu avant de parvenir à leur hauteur, elle se rendit compte que She-wolf ne paraissait pas du tout s’amuser. Au contraire, elle avait l’air d’être sur le point de se jeter sur l’individu qui lui faisait face pour le rouer de coups. 
 
Loin de lui déplaire, cette perspective semblait même réjouir Lord Aldright. Elle s’approcha furtivement de lui et lui touchant délicatement le bras attira son attention. Elle lui murmura quelques mots à l’oreille et hochant la tête avec enthousiasme il s’en alla en direction du buffet à grandes enjambées. 
 
- Que lui avez-vous dit ? 
 
Si elle semblait surprise de la voir, She-wolf n’en laissa rien paraître. Elle était aussi impassible que dans son souvenir. 
 
- Que Linya le réclamait. Il rêve d’une ouverture avec elle depuis des années. 
 
- Elle ne va pas vous en vouloir ? 
 
- Sûrement. Mais c’était pour une bonne cause. 
 
She-wolf haussa les sourcils. 
 
- Vous n’alliez pas tarder à le jeter contre un mur. Et dans un gala de bienfaisance, ça aurait jeté un froid, fit-elle avec un petit rire. 
 
She-wolf savait qu’il lui fallait se rendre vers Sassem, mais elle était incapable de détacher son regard de la jeune fille. Dès l’instant où celle-ci était apparue comme par magie pour la tirer d’affaire, elle avait été subjuguée. Vêtue d’une robe de soie verte qui faisait ressortir la couleur de ses yeux, Alexia était à croquer et She-wolf avait beaucoup de mal à ne pas se jeter sur elle. 
 
Il fallait pourtant qu’elle se reprenne, mais dieux… que son sourire était attirant. Il lui semblait éloigner les ténèbres qui l’enveloppaient. Et cela faisait si longtemps qu’elle ne s’était plus baignée dans les rayons du soleil qu’elle ne se résolvait pas à s’écarter de la douce jeune femme. 
 
Aucune parole n’était échangée depuis quelques minutes, mais ni Alexia, ni She-wolf ne semblèrent le remarquer. Les yeux verts se noyaient avec volupté dans les magnifiques yeux bleus de la femme en face d'elle. Alexia comprit soudain que quoi qu’il lui en coûte, elle ne voudrait plus jamais les quitter. Et même si She-wolf ne voulait pas d’elle comme amante, peut-être pourrait-elle devenir son amie ? Elle ferait l’impossible pour rester près de cette femme si charismatique. « C’est à ça que ressemble le coup de foudre alors ? » 
 
Soudain, She-wolf rompit le contact et se tourna vers l’homme qui l’avait bousculé avec un regard qui aurait pu tuer sur place. L’imbécile recula précipitamment bousculant d’autres personnes et renversant même un pauvre serveur avec son plateau. Le fracas soudain qui retentit attira le regard de Sassem. 
 
She-wolf détourna les yeux du massacre au moment même ou Sassem levait les yeux dans sa direction. Leurs regards se croisèrent. Sassem écarquilla les yeux, mais ce fut là la seule manifestation de surprise qu’il montra. Il ne quittait pas des yeux les eaux glaciales qui le fixaient et le cœur battant à tout rompre, leva sa coupe de champagne en toast muet à son égard, un petit sourire arrogant au coin des lèvres. Puis il se détourna d’elle et reprit sa conversation. 
 
Frustrée de s’être faite repérée si facilement et bouillonnant devant tant de nonchalance et d’indifférence, She-wolf serra les poings de rage et quitta Alexia sans lui dire un mot. Celle-ci la regarda partir brusquement sans comprendre ce qui lui prenait. 
 
She-wolf se frayait un passage en direction de Sassem. Elle ne réfléchissait plus, elle voulait juste lui faire mal. Un garde du corps murmura quelques mots à l’oreille de celui-ci et l’emmena en direction de la sortie. Deux autres se mirent dans son passage pour l’empêcher de le rejoindre. 
 
She-Wolf s’arrêta et leva les yeux sur eux. Dès l’instant où elle quitta Sassem des yeux, elle reprit un peu de son sang froid. Ils ressemblaient à des armoires à glace. Ils étaient aussi larges que longs et si elle pouvait se débarrasser d’eux assez facilement, le faire entouré d’autant de monde et de gardes du corps était dangereux. Elle tourna donc les talons en direction de la terrasse. Ils étaient au premier étage, elle pourrait donc sauter de là sans risquer la fracture. Une fois sur celle-ci, elle ôta ses chaussures qu’elle laissa au sol et enjambant la rambarde, elle sauta. 
 
Alexia qui l’avait suivie, la regarda faire sans y croire. Lorsqu’elle disparut dans le vide, elle se précipita contre la rambarde et vit She-wolf disparaître derrières les arbres qui entouraient la propriété. « Ah non, pas cette fois She-wolf ! Je ne te laisserai pas partir sans rien tenter ! » 

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« Vous pouvez m'enfermer et jeter la clé, mais vous ne m'enlèverez jamais la plus grande des libertés, mon imagination. »
(Reprise de la série Bad Girls)

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 05:18 (2018)    Sujet du message: Sassem by Honey

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